vendredi 24 mars 2017

Elles vivent dans slums de Bangalore

Elles s'appellent Lilly, Salatha, Ruby, Zeena, Pavithra, Ramai, Yasmeen, Devi... et d'autres encore. Elles ont en commun d'habiter dans les slums de Bangalore, un quartier réputé pour être inhospitalier et dangereux pour quiconque s'y promène sans être accompagné. Une fin d'après-midi, sur les conseils avisés de Brandha, responsable d'un groupe de femmes, nous nous sommes aventurés (Arun, Santa et moi) dans cette partie de la ville où nous attendaient Lilly, Salatha et Ruby, trois femmes qui, pour sortir de la spirale de la violence, ont décidé de parier sur l'entraide et sur l'éducation des enfants.


Dans le petit abri aux murs noircis par la misère où elle a accepté de nous parler avant le retour de son mari, Lilly témoigne face à la caméra: "Je fais des ménages pour nourrir mes 4 enfants car mon mari est totalement absent. Je dois aussi emprunter de l'argent pour payer leurs études parce que je veux qu'ils aient une vie meilleure. Les travailleurs sociaux m'aident un peu mais mon mari ne fait absolument rien. Ma seule obsession, c'est d'offrir une bonne éducation à mes enfants et même si je dois travailler dur, ce qui me rend heureuse c'est de voir que mes enfants réussissent bien à l'école, qu'ils obtiennent de bons résultats. L'ainée vient de terminer le cycle secondaire, la deuxième est au niveau 10, la troisième est au niveau 6 et la petite dernière est au niveau 5.... Mon mari est alcoolique et ses intestins sont broyés par l'alcool... Beaucoup d'autres femmes ici partagent les mêmes difficultés car les maris ne travaillent pas, ils sont prisonniers de l'alcool et tombent malades. Et même si vous devez payer qu'une roupie pour avoir de l'eau, qui va payer cette roupie si votre mari ne travaille pas? Ce sont donc les femmes qui travaillent pour nourrir la famille".

Après cet entretien, Lilly et Salatha marchent en éclaireurs d'un pas rapide dans ce corridor de ruelles où les femmes étendent le linge sur des fils tendus entre les immeubles, où les marchands ambulants traînent des chariots brinquebalants, où les cris et les rires des enfants inquiètent tout autant qu'ils rassurent... sous le regard des hommes surpris par la caméra qui se fait pourtant la plus discrète possible. Lilly et Salatha, qui habitent cet endroit, expliquent aux personnes trop curieuses que nous ne sommes pas là pour parler de la misère qui sévit dans ce quartier mais pour mettre en avant le travail d'éducation auprès des jeunes. Salatha et Ruby témoignent à leur tour de leur combat de femmes confrontées à la violence du quotidien. Elles nous disent aussi qu'elles ne sont pas très rassurées car la violence peut surgir à chaque coin de rue et les vols à l'arraché sont fréquents dans cette jungle où la loi du plus fort fait force de loi. Alors nous ne nous attardons pas davantage et nous nous donnons rendez-vous pour partager le repas du lendemain avec vingt autres femmes qui habitent dans les slums. Un repas que j'aurais à coeur de leur offrir comme simple remerciement.


samedi 18 mars 2017

Un grand rassemblement à l'occasion du Women's day

Vimukti Pothnal et Janodhya Manvi ont célébré ensemble la Journée des femmes le 16 Mars dernier. Plus d'un millier de participants ont défilé dans les rues de Manvi en arborant des pancartes et des bannières sur lesquelles on pouvait lire les messages relatifs aux droits des femmes, aux mariages arrangés, exigeant des autorités qu'ils prennent les mesures nécessaires à l'égard de ceux qui bafouent encore les lois. L'une des participantes a partagé son expérience de soeur, d'épouse et de mère. Elle a exhorté toutes les femmes à donner une éducation à leurs filles car c'est toute la famille qui en reçoit les bénéfices.


Satish, le directeur de Vimukti Pothnal, s'est exprimé en ces termes: "Les femmes doivent affronter une multitude de challenges et de difficultés un peu partout dans le monde. Elles sont victimes de discrimination au travail;  elles sont souvent obligées de choisir entre le travail ou la famille; elles sont l'objet de violences quotidiennes en tant qu'épouses, soeurs ou grand-mères. Dans les pays les plus pauvres, elles supportent en plus les charges les plus lourdes: ce sont elles qui marchent de longues heures pour trouver de l'eau, ce sont elles qui meurent en couches, ce sont elles qui sont exploitées sexuellement ou forcées à se marier dès le plus jeune âge et contre leur volonté. Le plus souvent on leur dénie même le droit de vivre en tant que femmes".



Mrs Adhyimuni, présidente du Panchayath du district de Raichur, a pris la parole ces termes: "Il n'y a rien dans le monde de plus complexe et de plus étrange qu'une femme; elle est pleine de mystère. Chaque femme a le droit d'être traitée avec dignité et respect; personne n'a le droit d'abuser d'elle ou de l'humilier". Les autorités présentes sur l'estrade et tous les participants ont apprécié le programme de cette journée mêlant détente, prise de conscience et éducation. 

mercredi 15 mars 2017

Santa, la bien-nommée


J'ai fait sa connaissance il y a moins de deux semaines à Bangalore. Le rendez-vous avec l'actrice indienne Roopa ne pouvant avoir lieu en raison du tournage d'un nouveau film auquel elle participe, mon ami Arun m'a orienté vers cette jolie personne de 27 ans qui travaille pour une NGO Indienne "Community health and development HIV and AIDS Prévention, Education and Child Protection Programs" dans les collèges de Bangalore.

Elle habite avec sa famille au dernier étage d'un petit immeuble où vivent aussi oncles, tantes et cousins et cousines. Elle vit dans un confort que bien des jeunes filles de son âge pourraient lui envier dans cette mégapole tentaculaire. Son papa, en effet, a monté une petite entreprise qui fabrique des blocs de glace et la famille s'en sort plutôt bien. Son métier lui offre aussi une très grande liberté. Pendant trois jours, elle va nous accompagner et nous faire rencontrer d'autres femmes engagées dans le combat pour l'autonomie et la liberté.

D'un ton rapide et vif, elle va directement au coeur du sujet car l'un de ses combats c'est la pornographie. Non par pudeur mais parce que c'est la plus forte addiction qui touche actuellement les enfants, les adolescents et les jeunes en général. Une addiction dont personne ne veut parler. Tout le monde veut bien parler de l'addiction au tabac, à l'alcool mais le sexe reste tabou en Inde alors que un enfant sur deux est abusé sexuellement au sein même de sa propre famille. Alors elle va de collège en collège (plus de 50 à Bangalore) pour parler avec les adolescents de ces questions qui taraudent les esprits et qui conduisent nombre de jeunes filles (sous couvert de l'amour) à tomber dans les pièges tendus par de jeunes garçons en mal d'expériences extrêmes sous l'influence d'internet. Beaucoup de jeunes filles innocentes (souvent même brillantes à l'école) se font abusées sexuellement en contrepartie de la promesse d'un argent facile que ne peuvent leur donner leurs parents. Leurs vies sont alors ruinées car elles contractent le sida, ne peuvent que difficilement aller se plaindre auprès de la police dans une société où c'est toujours la fille qui est suspectée d'abord pour sa mauvaise conduite. Alors beaucoup perdent pied et se suicident... Telle est la triste réalité d'aujourd'hui dont elle témoigne avec force et talent.

mercredi 8 mars 2017

Celui par qui tout est arrivé.


Arun Lobo est un homme aussi attachant qu'insaisissable. Je l'ai rencontré la première fois dans le petit village d'Ujire, au Sud du Karnataka. C'était en 2007. Il dirigeait l'association indienne Vimukti responsable de ma filleule Vishalakshi. Rien dans son aspect extérieur ni dans ses propos ne pouvait laisser supposer qu'il appartenait à la communauté des Pères Capucins du Karnataka. C'est un homme simple, jovial, avec lequel le contact est facile et immédiat. Pendant les 3 jours pendant lesquels il nous a accompagné pour nous faire découvrir le Projet, j'ai été subjugué par son enthousiasme et sa capacité à être en empathie avec chacun. Et lorsque quelques mois plus tard, il m'a proposé de créer l'association et de le suivre à Pothnal, mon coeur a dit oui parce que c'était lui.

C'est donc avec lui que nous avons donc bâti le Projet d'éducation et de santé de Vimukti Pothnal où il a assumé la fonction de directeur de juin 2009 à fin 2010. Appelé par sa hiérarchie à faire des études supérieures en Sciences Sociales à l'Université de Fordham à New-York, c'est Satish, le directeur actuel, qui a pris le relais à Pothnal. Mais nos liens d'amitié sont restés intacts. A son retour en Inde, il a été nommé directeur du centre de Vimukti Chikkodi. A chacun de mes voyages, il me fait découvrir des aspects de l'Inde que je ne connaissais pas encore et mes amies françaises qui le connaissent sont aussi tombées sous le charme.


Lorsque je lui ai proposé de m'accompagner sur le projet de film relatif au statut et aux droits  des femmes en Inde, il m'a immédiatement assuré de son aide et de son soutien. Un sujet qu'il connait bien car il encadre des groupes de femmes qui se sont constituées dans le secteur dont il a la charge. Et grâce à lui, j'ai pu être introduit dans des cercles féminins inaccessibles au commun des mortels. J'ai rencontré des devadasis, j'ai partagé des moments incroyables avec des femmes musulmanes ou hindoues, j'ai pu pénétrer dans les slums de Bangalore et échanger avec ces mères qui se battent au quotidien pour que leurs enfants sortent de la misère... et tant de belles rencontres que j'aurai à coeur de vous faire découvrir dans ce prochain documentaire. Tout cela m'a été rendu possible parce que je connais l'Inde plus en profondeur après dix séjours de 3 à 9 semaines et parce que cet homme m'a fait totalement confiance. Une confiance partagée entre deux amis qui se ressemblent.

samedi 4 mars 2017

Elles m'ont ouvert leur coeur


Pas simple d'être une femme musulmane dans un pays grand comme huit fois la France, où les hindoues sont majoritaires et les vieilles querelles prêtes à jaillir comme le feu sous la braise. Pas simple non plus de porter la burqua lorsque l’on juge que vous êtes forcément victimes du pouvoir patriarcal qui vous tient sous sa coulpe. Chez nous, en France, un pays qui clame haut et fort le droit à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, on pense que le fait de se soustraire au regard des hommes dans la sphère publique est une hérésie qu’il faut bannir, fusse au moyen d’un cadre législatif plus ou moins inopérant. Ici, les femmes revendiquent le droit à la différence dans le respect des croyances et des pratiques culturelles qui nous échappent faute d’avoir été nous-mêmes initiés.

J’ai eu la chance  de rencontrer certaines d’entre elles dans le secteur de Chikkodi au Nord-Ouest du Karnataka. Sous l’impulsion du travail de terrain mis en œuvre par Vimukti, elles ont, petit à petit, constitué des groupes de paroles et mis en acte leurs revendications. Elles ont créé des micro-projets financés par des emprunts qu’elles ont contracté auprès des banques, elles se sont ensuite converties à la micro-finance en déposant le fruit leur travail sur des comptes bancaires dont elles ont la totale maîtrise. Burqua ou pas burqua (elles en font un choix personnel), elles revendiquent de prendre la parole, d’être libre de penser et d’agir selon leur bon droit. Ensemble, elles construisent l’Inde de demain. 


Elles se retrouvent chaque semaine au sein des groupes qu’elles ont constitué dans les différents villages du district. Parfois entre femmes d’une même communauté pour régler des questions propres à leur culture où à leur religion, le plus souvent dans des groupes intercommunautaires au sein desquels chacune se reconnaît avant tout comme une femme devant affronter les multiples problèmes posés par l’infanticide, les mariages arrangés dès le plus jeune âge, ou les violences dont elles sont encore trop souvent victimes. Dans leur regard, on sent poindre de la ferveur, de l’envie, une lueur d’espoir. Elles veulent pouvoir choisir la manière de séduire ou d’être séduite, de servir ou de prendre le pouvoir, d'être tout simplement elles-mêmes.

Le féminin de l'être (c'est un homme qui parle!) c'est sans doute une manière intuitive de sentir, d’appréhender les situations et les relations avec infiniment plus de respect, d’amour, de tolérance, de sensibilité que ne le propose notre monde qui met au panthéon des valeurs telles que la compétition, la réussite sociale, et l’argent trop vite gagné. N’est ce pas là que réside la vraie liberté ? Une liberté intérieure, invisible pour ceux qui n’ont pas accès à la part de féminité qui est en eux. Mises en confiance par la présence de mon ami Arun,  le directeur de Vimukti, elles ont ouvert leur cœur face à la caméra. Je ne vous oublierai pas.







mercredi 1 mars 2017

Et la vie continue... welcome Nagamma!


Il y a quelques semaines, je vous faisais part du décès tragique et des funérailles de Pavithra à Erlaggadi (cf post du 6 février 2017). Je suis retourné voir la famille ce matin accompagné de Jecintha, l'animatrice en charge de ce village, pour leur annoncer que Nagamma (11ans), la soeur ainée de Pavithra, prendra le relais en tant qu'enfant parrainée (merci Anne-Marie). La famille s'est engagée à envoyer Nagamma en pension à Vimukti Pothnal à la rentrée prochaine. Elle pourra ainsi bénéficier d'une scolarité mieux suivie car elle est l'ainée d'une famille de 4 enfants (dont un bébé de 5 mois). Pour fêter son entrée dans le parrainage, Lily, Véronique et Clémentine lui avait acheté avant leur départ une belle robe rose que j'ai eu la joie de lui remettre en présence des membres de sa famille et du voisinage. Un message réconfortant pour tous qui se lit aussi sur leurs visages.

lundi 27 février 2017

Une nouvelle habitation pour Girija

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Girija, 11 ans, fait partie des enfants parrainés. Elle habite dans le village de Devipura, situé à 7 kilomètres de Pothnal. Pour accéder à ce village, Il faut compter une demi-heure de trajet en deux roues motorisés (moto ou scooter) sur un chemin chaotique où les trous et les bosses sont légions. Nous avions constaté lors de précédents séjours que la petite maison faite d'un mélange de terre et de bouse séchée sur un sol perméable en terre battue, n'offrait pas un abri suffisant pour se protéger du vent, des animaux rampants et des pluies parfois violentes en période de mousson. Girija a donc bénéficié du soutien financier de "ensemble, agissons" et de l'accompagnement de Vimukti. Avec l'aide d'un maçon et la contribution des membres de sa famille, la maison a été construite en un temps record (moins de 3 mois). Girija va pouvoir enfin disposer d'un vrai toit et vivre une vie plus normale pour une déjà jeune fille de son âge.

après

jeudi 23 février 2017

Faire entendre leur voix


En prélude à la grande Fête placée sous le signe de la reconnaissance de leurs droits, plus de 900 enfants et adolescents appartenant aux 16 Parlements des villages voisins, encadrés par les membres de Vimukti Pothnal, ont défilé bruyamment dans les rues de Pothnal pour faire entendre leur voix. Sur les pancartes et les bannières, on pouvait lire en kannada (parfois en anglais) les messages relayés par un porte-voix perché à l'arrière d'une camionnette: "Non aux discriminationsEradiquons l'exploitation et le travail des enfants, Non à l'infanticide, aux abus sexuels, Prévenons les mariages arrangés, L'alcool et le sida tuent, Respectons notre environnement. Nous sommes les citoyens de demain." Ils s'adressaient aussi aux représentants officiels afin qu'ils prennent les mesures nécessaires pour imposer à tous ces droits inaliénables. Les participants se sont fait aussi entendre de la presse locale qui a fait largement écho de cette manifestation dans les colonnes des journaux au cours des jours suivants.



lundi 20 février 2017

Deux jours avec Vishlakshi et Mamatha

Tout est imprévisible mais la vie se charge de vous offrir parfois le meilleur. J'ai eu l'opportunité et la chance de passer deux jours avec celles que je considère, pour des raisons différentes, un peu comme mes filles ici en Inde. Notre complicité a fait le reste.


Vishalakshi est ma première filleule. Je l'ai parrainé de 2004 à 2015. Elle habitait Ujire, un petit village du Sud du Karnataka, situé entre les Ghats de Mangalore et la plaine de Bangalore. Elle n'avait encore que 11 ans lorsque nous sommes venus la voir la première fois en 2007. Les années ont passé et la petite fille timorée a grandi. Elle a bénéficié pendant toutes ces années du soutien de Vimukti Ujire, et plus particulièrement de l'accompagnement de Hilda, une animatrice qui l'a convaincu de poursuivre des études dans la cité voisine de Mangalore. Elle a tout mis en oeuvre auprès de sa famille pour que ce rêve devienne réalité. Les parrainages prenant fin à l'âge de 18 ans, nous avons décidé, avec Bernadette mon épouse, de poursuivre notre engagement à ses cotés, en complément de l'emprunt contracté en son nom par ses parents et qu'elle devra rembourser à la fin de ses études. L'obstination et le travail dont Vishalakshi a fait montre durant les 3 années passées à Mangalore dans une école d'infirmière ont été récompensés. Elle a appris l'anglais et, à tout juste 21 ans, elle vient de réussir les épreuves théoriques qui lui ouvrent le sésame pour l'obtention du diplôme d'Etat. Selon toute probabilité, elle l'obtiendra en avril ou mai prochain, lorsqu'elle aura effectué quelques visites dans les hôpitaux de Bangalore et remis son rapport de stage.... Merci Visha de nous offrir ce si beau cadeau.


Mamatha a un tout autre profil. Depuis la fin de l'année 2011, elle occupe avec compétence, jovialité et savoir-faire, la fonction délicate d'assistante auprès de Satish, le directeur de Vimukti Pothnal. Elle a beaucoup de cordes à son arc, passant sans complexe de la comptabilité à la cuisine, de l'assistance technique aux déplacements dans les villages. Elle a aujourd'hui 24 ans, l'âge requis en Inde pour faire une bonne épouse. Avec courage et ténacité, elle retarde toujours plus l'échéance imposée par ses parents qui contracteront pour elle ce qu'on appelle ici un mariage arrangé. Car malgré son caractère combatif et des parents plus compréhensifs que la moyenne, elle devra quand même se soumettre à l'accord décidé par les deux familles en charge d'envisager son avenir. Elle a, à ce jour, refusé catégoriquement les quatre propositions qui lui ont été faites, mais d'ici 2 ans au plus tard, elle n'aura plus aucun recours. Sa vie dépendra totalement du bon vouloir de son mari. Elle rêve encore que celui-ci lui accordera la possibilité de continuer de travailler dans la secteur social mais confinée à des tâches de comptabilité et d'administration. Fini la rigolade et les sorties avec les amis. L'Inde est encore très cruelle avec celles dont le premier rôle consiste à donner la vie, de préférence un garçon, qui sera garant des traditions familiales et de l'appartenance à une caste.


De culture hindoue l'une et l'autre, malgré une chance certaine, elles ne pourront se soustraire à ce rituel que d'aucun jugeront sans doute d'un autre âge. Difficile de comprendre cela vu de notre douce France.

vendredi 17 février 2017

L'Inde au féminin

Me voilà dans le grand bain. Déjà plus de deux semaines que je suis ici à Pothnal et les situations pouvant servir le propos de mon film se sont présentées naturellement. Il me reste encore trois semaines pour faire le plein des sensations, d'interviews, d'émotions... encore de belles rencontres en perspective. Regarder, écouter, vivre l'instant présent comme un cadeau de la vie. Après Bangalore, Chikkodi, Pothnal, je prends la route ce soir pour Mangalore. 13 heures de voyage en bus... avec en prime la joie de retrouver Vishalakshi, ma première filleule, par qui tout est arrivé.


Uma, Mamatha, Gauramma et Jecintha ont revêtu leurs plus beaux saris

mercredi 15 février 2017

Dans la presse indienne aussi

Le grand plateau du pensionnat, enjolivé de guirlandes de fleurs, de tissus colorés, tenait lieu de grande scène pour l'après-midi. Amplificateurs, table de mixage, micros, hauts-parleurs très puissants, tout avait été soigneusement prévu pour créer l'ambiance.  A l'occasion du septième anniversaire du partenariat entre Vimukti Pothnal et Ensemble, agissons France, plusieurs personnalités du monde associatif oeuvrant dans le secteur social au Karnataka ont été honorées pour leur engagement auprès des enfants afin de faire reconnaître leurs droits à l'éducation, à la santé, au développement. Un représentant du Parlement de l'Etat du Karnataka a pris la parole pour témoigner de son combat à leur cotés. Après les discours d'usage, les remises de décorations, les enfants ont envahis la scène et la fête a battu son plein dans une atmosphère de liesse. Les sourires sur les visages et les cris des enfants témoignaient d'une joie immense. 


lundi 13 février 2017

Septième anniversaire

La grande fête des enfants, avec son décorum et ses paillettes, son ambiance où les rires se mêlent aux musiques tonitruantes, aux discours redondants reste un rendez-vous incontournable. Pour les enfants, c'est surtout l'occasion de mettre en valeur leurs talents. Les groupes représentants tous les villages se succèdent sur la scène dans l'espoir d'obtenir les faveurs du jury qui récompensera le travail de plusieurs mois. Nous célébrons cette année le septième anniversaire de notre partenariat et de notre amitié. L'occasion m'est ainsi donnée de prendre la parole pour exprimer, en votre nom, notre gratitude et rendre hommage aux membres de l'équipe avec un petit poème, adapté de la belle chanson de Zaz, qui leur est dédié:

If i was i god, a king or a magician
If i had their skills, their strength or their charms,
If i had the keys of their soul,
If i had their power,
I will light dreams in children's brains,
I will put colors in their eyes,
I will imagine paradise for the poorest, 
the handicapped and the disadvantaged people,
But i am a simple man,
with bare hands and a cheerful heart,
So, with all of you,
Men an women, boys and girls,
animators and representatives,
we will build a new world
with more justice, peace and freedom,
little by little, step by step, 
drop by drop and heart to heart.


jeudi 9 février 2017

Journée des enfants parrainés


Les 61 enfants que nous accompagnons individuellement sur les chemins de l'éducation ont tous répondu présents à l'occasion de cette journée qui leur était consacrée. La petite Pavithra était aussi présente dans nos coeurs.
Ils sont venus à pied ou en rickshaw, entassés à l'arrière d'une camionnette ou agglutinés dans la remorque d'un tracteur, accompagnés des membres de leur famille (parents, frères et soeurs, oncles ou tantes) selon la disponibilité des uns ou des autres. Ils se sont prêtés avec enthousiasme à la séance photos (individuelle et en groupe) et ils ont apprécié les petits cadeaux que Lily, Véronique et Clémentine avaient méticuleusement préparés pour chacun d'entre eux. Après un déjeuner plus copieux qu'à l'ordinaire, ils ont pris possession du parvis de la maison transformé en petite scène pour l'occasion. Et selon un programme établi par les animateurs, ils nous ont offert des chants, des danses sous les regards enthousiastes et les applaudissements d'une assistance conquise.
A une journée placée sous le signe du deuil a succédé une journée festive, chaleureuse et bon enfant pour le plus grand plaisir de tous. Rendez-vous dimanche prochain pour la grande fête annuelle ouverte à tous organisée dans l'enceinte de Vimukti Pothal.



lundi 6 février 2017

Pavithra a rejoint les étoiles


Pavithra est née sous des mauvais auspices. Lourdement handicapée de la colonne vertébrale depuis sa naissance, elle n'arrivait pas à se déployer physiquement et intellectuellement dans un corps paralysé par la souffrance.
Samedi dernier, alors que nous visitions des enfants parrainés dans un village voisin, nous apprenons que la petite Pavithra est morte dans la matinée sur le trajet la conduisant à l'hôpital. Pavithra vient d'avoir 9 ans; elle est l'une des enfants parrainées par "ensemble, agissons". Sans plus attendre, nous partons la voir, touchés au coeur par la circonstance; nous sommes justement là.
Nous trouvons la petite Pavithra allongée devant la maison, emballée dans une petite couverture. Son visage est tout doux, calme, détendu. Elle est belle. Les femmes du village sont là tout autour d'elle. A notre arrivée, la mélopée des pleureuses reprend, puissante, troublante, déchirante. Tout le village honore la petite défunte. Nous déposons une guirlande de fleurs et nous nous inclinons devant elle. On nous dit que son père, qui travaille à Bangalore, ne revient que cette nuit. C'est lui qui va décider de l'heure des funérailles qui auront lieu le lendemain car ici pas d'embaumement et il ne faut pas attendre. Nous serons là avec eux.


jeudi 2 février 2017

Bienvenue à la maison de Pothnal


Nous en avions rêvé. En moins de temps qu'il en faut pour construire une maison en France, la guest house que nous avions imaginée est sortie de terre, grâce à l'immense générosité de Patrice Fabart, membre de l'association et chef d'entreprise, et à l'équipe de Vimukti qui n'a pas ménagé son temps et son énergie pour faire de cette habitation un lieu d'accueil ouvert à tous, aux multiples usages et qui s'inscrit parfaitement dans l'environnement. A l'intérieur, un grand salon qui peut accueillir jusqu'à 20 personnes et qui peut être utilisé comme salle de réunion. Il est prolongé par une salle à manger un peu plus petite et une cuisine parfaitement équipée où notre cuisinière Veronika fait merveille. Dans la partie latérale, 4 chambres équipées de salles de bain et toilettes peuvent accueillir jusqu'à 6 personnes de passage. Dès le premier jour, nous nous sommes sentis "at home" dans cette maison qui a non seulement vocation d'accueillir les membres de l'association en visite à Pothnal mais aussi d'être utilisée comme lieu de rencontre et de travail dans le cadre des activités multiples mises en oeuvre par nos amis de Vimukti.

samedi 28 janvier 2017

Goutte à goutte et coeur à coeur


Le moment est arrivé... celui de repartir pour la 10 ème fois en Inde, le pays qui m'a ouvert les yeux et le coeur sur la différence et la solidarité. "You have seen and you will be able to tell what you have seen" (Vous avez vu et vous pourrez témoigner de ce que vous avez vu), m'avait dit mon ami Alwynn. Je m'en souviens comme si c'était hier... c'était en 2007. Nous étions partis rendre visite à Vishalakshi, une petite fille de 11 ans que je parrainai depuis quelques années par l'intermédiaire de l'association "Un enfant par la main". En débarquant en Inde cette année là, je n'imaginais pas que ce pays m'inviterai à le découvrir "step by step" (pas à pas) et que ma vie en serait changée. "C'est en donnant que nous recevons". Ces quelques mots inscrits sur une petite pancarte en bois sont restés gravés dans ma mémoire et ont continué de me porter jusqu'à aujourd'hui.

Vous connaissez la suite... création de l'association "ensemble agissons" en mai 2009 (plus d'une centaine d'adhérents aujourd'hui dont 70 parrainages), partenariat direct avec nos amis de l'association Vimukti Pothnal, séjour en Inde une ou deux fois l'an pour suivre au plus près le travail des membres de l'équipe dans les 16 villages du Karnataka concernés par notre action en matière d'éducation et de santé, un Projet qui continue à se développer "peu à peu, miette à miette, goutte à goutte et coeur à coeur", pour reprendre les mots de la chanteuse Zaz.

Je repars donc dans ce pays d'accueil pour quelques semaines. Après "Welcome in Pothnal" réalisé en 2014, j'ai l'intention de réaliser un autre documentaire sur un sujet que je porte en moi depuis longtemps et qui est au coeur des préoccupations de millions de femmes en Inde et dans le monde. Avec "Women's destiny in India" (le destin des femmes en Inde) j'ai l'ambition de raconter, de façon concrète et vivante, comment l'avenir des personnes du sexe féminin est déterminé, programmé depuis la naissance jusqu'à la mort, selon qu'elles appartiennent à telle caste ou telle religion, au gré des traditions encore en vigueur (et ce malgré la loi). Les modes culturels qui régissent la société indienne ne permettent pas aux femmes de bénéficier d'un statut semblable à celui des hommes dont elles sont encore trop souvent les serviteurs, parfois les esclaves ou de simples faire-valoir. Regarder, écouter et essayer de comprendre la réalité complexe de chaque situation, au travers de portraits, de témoignages de femmes (et d'hommes) que j'ai rencontrées au fil de mes séjours en Inde, voilà ce qui constituera le fil conducteur d'une mise en images et d'une réflexion à partager avec vous au cours des mois à venir. Il est long le chemin qui conduit vers l'autonomie et la liberté. 

jeudi 26 janvier 2017

Un vrai toit pour Yellamma

Dans le post précédent, j'ai abordé la question des "devadasis". Yellamma, une adolescente de 13 ans que je parraine, est fille de Sharamma, "devadasi" dans un temps pas si lointain dans le petit village d'Utakanoor, dans le district de Raichur. Aujourd'hui ce statut lui colle encore à la peau. Avec de très maigres revenus résultant d'un travail saisonnier dans les champs et les rizières, elle veille sur les huit membres de la famille qui vivent sous le même toit (le frère ainé de Yellammma, marié, vit là aussi avec ses enfants). Yellamma (prénom divin attribué aussi à la patronne des devadasis) est victime d'un destin qu'elle n'a pas choisie et souffre de cette stigmatisation. Grâce à l'aide de Vimukti, elle poursuit des études avec succès à l'école publique d'Utakanoor. Jusqu'à ces derniers temps, la famille vivait dans une petite hutte faite de terre séchée, de bambous et de tôles. Dans leurs rêves les plus fous, ils espéraient une habitation plus digne mais ils étaient incapable d'économiser, dépensant au jour le jour l'argent durement gagné pour nourrir la famille et apporter une bonne éducation à Yellamma. Au fil de années une véritable relation s'est construite avec la famille. Retenue par Vimukti et "ensemble, agissons" dans le cadre du programme "'Un vrai toit pour les plus pauvres", une chaine de solidarité s'est rapidement mise en place et une nouvelle habitation est sortie de terre. "Nous sommes tellement heureux d'avoir enfin un vrai toit. Les mots me manquent pour vous remercier tous" dit Sharamma, les yeux pleins de larmes.

avant
en novembre dernier
aujourd'hui

mercredi 25 janvier 2017

A propos des "Devadasis"

Le terme "Devadasi" évoque un passé mystique plein de dévotion et de dévouement envers les divinités de la part de jeunes filles entonnant des chansons célestes et pratiquant des danses sensuelles pour le compte de rois et de mécènes. Les "dévadasis", très adulées à la fin du dix neuvième siècle et au début du vingtième siècle dans le sud de l'Inde ont permis la préservation et la transmission des arts et ont notamment servi de modèle au Bharatanatyam. Bangalore Nagarathnamma fut l'une des égéries de cette période et une étoile dans le firmament culturel de Madras dans les années 20 et 30 au siècle dernier. Une femme exceptionnelle, en avance sur son temps, une combattante pour les droits des devadasis et des femmes en général. Sa dévotion envers le compositeur Tyagaraja est légendaire.


Les "devadasis" (servantes de la divinité) furent avant tout considérées comme les gardiennes des arts. Elles avaient pour patronne, la déesse Yellamma, vénérée comme "la Mère de l'Univers". La consécration aux lieux sacrés est vieux comme le monde. Elle était présente en Grèce, dans la Rome antique, en Egypte et dans d'autres cultures anciennes. Il existait une hiérarchie parmi les femmes selon les tâches qui leur étaient confiées, de la vaisselle au ménage, de la confection des guirlandes de fleurs à la préparation de la pâte de santal jusqu'au plus haut niveau de sophistication que représentaient la musique et la danse devant les divinités. Considérées comme les épouses du dieu, elles étaient reconnues comme des personnes respectables au sein de la société indienne. Recrutées sans distinction de caste, elles formaient un groupe de professionnelles au service des temples (elles participaient deux fois par jour aux rituels dédiés à la divinité) et elles agrémentaient les cérémonies, les mariages ou les fêtes solennelles profanes. Etre mariée à la divinité signifiait s'affranchir du veuvage car quand elles mouraient, une période de deuil était instituée. Elles bénéficiaient d'un statut unique, transmis de mère à fille et envié par un grand nombre de femmes car elles pouvaient aspirer à une bonne éducation. Les temples d'une certaine importance pouvaient disposer des services de huit à douze "devadasis". Elles recevaient un salaire fixe pour les cérémonies religieuses mais comme le montant était très peu élevé, certaines finirent par vendre leurs charmes aux brahmanes pour gagner une peu d'argent. Très vite le terme de devadasis fut alors associé à celui de prostituée. L'addiction à l'alcool et au tabac ainsi que les maladies engendrées par des conditions d'hygiène insalubres finirent par condamner un système à bout de souffle qui s'éteint dans les années 60 avant d'être interdit officiellement par la loi dans les années 80. Aujourd'hui dans les campagnes, des femmes portent encore le sceau de cette période révolue et cette pratique résiste encore dans certains Etats malgré les interdits.

samedi 21 janvier 2017

Une équipe plus forte et plus soudée

15 membres de l'équipe de Vimukti Pothnal accompagnés de Satish, le directeur et de Elvin, son assistant, ont participé à une sortie de deux jours alternant temps de travail et moments de détente. Ils ont ainsi visité Murdeshwara, Gokarna, Yana et Echo Beach Karwar (partie Ouest du Karnataka). Le but de cette sortie était de consolider les liens entre les membres de l'équipe dans un environnement extérieur à leur lieu de travail combinant activités ludiques (jeux, plage, chants, danses, musique) et découvertes culturelles enrichissantes. L'occasion aussi d'apprendre à se connaître pour construire une équipe plus forte et plus soudée. Un temps fort qu'ils ne sont pas prêt d'oublier.




lundi 16 janvier 2017

Une deuxième infirmière à Vimukti Pothnal

Elle se prénomme Lalitha et habite Pothnal. Elle est mariée avec Devraj dont elle a eu un fils Vinaya kumar. Elle vient d'être recrutée comme infirmière de terrain par l'équipe de Vimukti pour seconder Shanta qui lui fera partager son expérience dans les villages. En charge de la santé sur l'ensemble du secteur, Shanta continuera cependant à jouer un rôle majeur dans le programme mis en place en conseillant notamment les membres de l'équipe sur toutes les questions relatives à la santé.


vendredi 13 janvier 2017

Campagne de sensibilisation

Une campagne de sensibilisation sur les questions de santé a été organisée dans 3 villages du district de Manvi. 88 personnes (28 hommes, 42 femmes et 18 enfants en bas âge) ont ainsi pu bénéficié d'une consultation et de soins gratuits. Shilpa, la nouvelle infirmière, a porté une attention toute particulière à la santé des mamans et aux maladies telles que la tuberculose, la lèpre, l'hépatite et les maladies sexuellement transmissibles.



mardi 10 janvier 2017

Les matins de Bangalore

Le titre original est "The hope factory". C'est le premier roman de Lavanya Sankaran, une femme qui a fait  carrière dans la finance à New-York avant de se consacrer à l'écriture. Elle a d'ailleurs obtenu le prix de la meilleure fiction du magazine Poets and Writer en 2006 pour un recueil de nouvelles.

La ville de Bangalore sert de décor à ce roman qui conduit deux histoires entrelacées; celle d'Anand, un homme honnête marié à Vydia, la fille gâtée d'un homme d'affaires, qui essaie de développer sa petite entreprise de pièces détachées automobiles dans cette mégapole en constante expansion, connue pour être la Silicon Valley de l'Inde; celle de Kamala, une jeune veuve qui doit faire des ménages pour donner une éducation respectable à son fils Narayan, dans l'énergie de ses douze ans.

Le jour où Anand décide d'acheter un terrain afin d'agrandir son entreprise et conquérir le marché japonais, il se heurte au harcèlement de son beau-père qui veut lui imposer une transaction. Une situation périlleuse qui peut remettre en question son équilibre professionnel et familial. Kamala élève seule son fils dans un modeste appartement d'un quartier pauvre de Bangalore. Elle ne doit sa survie qu'au poste de femme de chambre qu'elle a décroché justement chez Monsieur Anand. Anand et Kamala n'ont guère le choix. Ils sont pris dans le tourbillon de la vie porteur de tous les espoirs et des pires déconvenues.  

A travers ces deux destins croisés, Lavanya Sankaran brosse le portrait d'une Inde vivante, réaliste, en pleine croissance, rongée par la corruption et la précarité, mais où aussi l'énergie d'un peuple qui peut déplacer des montagnes.

jeudi 5 janvier 2017

When a girl says no, she means no




Nahin, nada, nako, I don't want. Non Non, Je ne veux pas. Cela signifie: Va-t-en! Cà suffit! N'insiste pas! Que la fille porte un short, un jeans ou un tee-shirt ou qu'elle vienne voir un concert, qu'elle rigole au bras d'un ami de son âge, qu'elle boive un verre ou deux en sa compagnie, qu'elle ait eu des expériences sexuelles ou non, quand elle dit non, c'est non. Pas d'empoignade, pas de passage en force, pas de pelotage, pas de baiser volés. Minal n'est pas une fille facile, aux meurs légères. Elle n'a rien demandé...

Les trois jeunes protagonistes, qui n'ont guère qu'une vingtaine d'années, sont des filles normales. Minal est une organisatrice d'évènements qui travaille parfois tard le soir. Falak travaille dans le milieu de la publicité. Andrea est une jeune fille venue du Nord-Est du pays. Les filles partagent un appartement dans un quartier huppé du Sud de New-Delhi. Elles reviennent d'un concert où elles se sont rendues en compagnie de trois garçons de leur âge. La fin de soirée s'est mal passée. Les jeunes hommes ont essayé d'obtenir leurs faveurs. Dans un réflexe d'auto-défense, l'une des filles a saisi une bouteille et a frappé l'un des jeunes hommes au visage, l'oeil ensanglanté. Les jeunes filles sont reparties chez elles espérant que la nuit leur fasse oublier ce cauchemar. Mais voilà que les trois jeunes gaillards s'en prennent à elles, les accusent d'agression et vont même jusqu'à les cataloguer de prostituées. Dans ce même quartier vit un ancien avocat, qui n'est plus que l'ombre de lui-même et qui passe son temps derrière ses fenêtres. Dans un sursaut d'empathie, il décide de plaider la cause des jeunes filles. Minal, accusée de tentative de meurtre, risque une peine de plus de 10 ans d'emprisonnement, si elle est jugée coupable. L'ancien homme de loi sera-t-il capable de renverser le cours des évènements dans une société qui a le réflexe de mettre toujours la femme au banc des accusés?

Difficile de vivre dans un pays où le patriarcat, la misogynie et la honte font partie des modes culturels dominants. Si vous vous êtes victime d'attouchements sexuels, c'est bien que vous l'avez provoqué par votre attitude. Alors croisez vos mains sur la poitrine, baisez la tête et taisez-vous. Ce film n'est pas sans rappeler Jodie Foster dans le rôle de fille violée dans un bar dans le film "Les accusés". Elle aussi portait aussi une jupe courte, elle avait un peu bu, et elle cherchait la drague.

Pink est un film hindi puissant, courageux qui parle de la vie des jeunes femmes dans l'Inde d'aujourd'hui. Nul doute que d'autres femmes pourront s'identifier à elles un partout dans le monde. No means No, qu'il s'agisse d'une prostituée, de sa femme ou de sa petite amie.

lundi 2 janvier 2017

mercredi 21 décembre 2016

Une journée de fête pour les enfants


Grâce à Vimukti, les enfants du pensionnat de Sneha Jyothi School Pothnal, placés sous la responsabilité d' Elvin Lopez, ont eu le bonheur de bénéficier d'une sortie au Resort d'Hospet. Une journée au cours de laquelle ils ont découvert les jeux aquatiques. En fin d'après midi, ils ont visité le Parc et ils ont dansé sur la musique. Le soir, tout le monde était bien fatigué. Une magnifique journée qui restera dans les mémoires.