lundi 22 mai 2017

Mon mari s'est suicidé


Je m'appelle Tayamma et j'habite le village de Jeenoor Camp dans le district de Raichur. J'ai perdu mon mari il y a deux ans. Il était paysan. Nous avions une petite exploitation de coton. Tout allait bien. C' était un mari attentif et un bon père. Nous avions 4 enfants: Lakshmi, Prakash, Rudhramani et Verupaksha. Une famille sans histoire, pas riche, mais ce que nous pouvions gagner était suffisant pour nous rendre heureux.

Et puis un jour le malheur s'est abattu sur notre village. Nous avions de quoi tenir encore une année mais pas assez pour les années suivantes. Le petit lopin de terre que nous avions n'a produit qu'un quintal de coton. Trop insuffisant pour faire face aux investissements. Mon mari a alors décidé de travailler comme journalier dans une autre ferme pour nourrir la famille. J'ai fait de même pour l'aider. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour nous rendre heureux, moi et les enfants. Je ne sais pas comment il se débrouillait. Notre dette ne cessait d'augmenter mais il était toujours souriant et nous disait de ne pas s'inquiéter, qu'il s'occupait de tout.

Deux ans plus tard, sans prévenir, il a décidé d'arrêter de se battre et il s'est pendu. Quand j'étais jeune, je ne suis allé que très peu l'école et je ne ne savais pas comment nourrir une famille de 4 enfants. En travaillant comme journaliers, nous gagnions environ 200 roupies par jour (3€). Aujourd'hui je ne gagne plus que 190 roupies (2,50€). Mes deux fils ainés sont handicapés et ils ne peuvent pas marcher normalement. Le plus jeune va à l'école primaire de Jeenoor.

J'en veux parfois à mon mari. Comment en est-il arrivé là?. Pourquoi a-t-il fait cela? Comment a-t-il pu nous abandonner ainsi? J'ai parfois en tête d'en finir à mon tour. Mais je suis une Mère. je ne peux pas faire la même chose et laisser mes enfants seuls dans ce monde si cruel. C'est dans ce moment de détresse intense que Vimukti est venu à notre secours pour nous aider.


samedi 13 mai 2017

Avec les enfants du pensionnat


Une trentaine d'enfants, garçons et filles de 8 à 14 ans, bénéficient d'un accueil en pensionnat. En prenant cette initiative, Vimukti Pothnal offre la possibilité aux familles les plus défavorisées de prendre en charge l'enfant le temps de sa scolarité en contrepartie d'une participation financière symbolique qui marque l'attachement de la famille au suivi scolaire de l'enfant. Selon le choix de la famille et de sa religion, l'enfant sera scolarisé à Sneha Jothi School (l'établissement chrétien de la Communauté des Capucins) ou dans l'une ou l'autre des écoles gouvernementales de Pothnal qui accueillent en majorité des enfants de religion hindoue.

Les conditions d'accueil restent très rudimentaires. Une pièce pour les garçons, une autre pour les filles dans un bâtiment vieillot au fond de la cour. Les enfants dorment à même le sol sur une petite carpette qu'ils roulent au petit matin. Ils prennent leur repas dehors assis sur les marches de la modeste cabane qui tient lieu de cuisine. Au menu une grande assiette de riz blanc garnie parfois de quelques légumes recouverts d'une sauce indienne très épicée. Ils se lavent grossièrement au robinet et le seau d'eau froide versé sur la tête et le corps savonné tient lieu de douche. Qu'importe! Car ici l'eau est un bien précieux et beaucoup de familles dans les villages n'ont pour se laver que l'eau de la rivière.


C'est un régal de les voir, le matin ou le soir à la sortie de l'école, participer aux tâches quotidiennes (nettoyage de la cour, lavage du linge, vaisselle), faire leur devoir en silence sous le regard attentif de Shivu et avec l'assistance bienveillante d'Elvin, assister Pushpa dans la préparation des repas ou tout simplement s'adonner à quelques activités ludiques (chants, danses, jeux, dessins, etc.) Il y a une vraie solidarité entre eux et les ainés se sentent responsables des plus jeunes. Une autre famille se reconstitue. Et quand ils remarquent ma présence sur les marches de la maison, ils viennent par grappes regarder des photos sur l'ordinateur ou s'enquiert de mon état de forme. Leur curiosité est sans limite et comme tous les enfants du monde, ils aiment être ensemble et se sentir aimés.

mardi 2 mai 2017

Une Assemblée Générale joyeuse et constructive

L'association "ensemble, agissons" a tenu son Assemblée Générale annuelle à la salle des Fêtes de Villié-Morgon-Morgon les 29 et 30 Avril 2017. Vingt six personnes venues des quatre coins de l'hexagone ont répondu présents à cette invitation, le temps d'un week-end de partage et de convivialité autour du Projet humanitaire qui nous réunit maintenant depuis huit ans. Les 66 adhérents présents ou représentés ont donné quitus aux membres du conseil d'administration et à son Président afin de poursuivre le travail engagé auprès des populations les plus défavorisées.


Sept membres de l'association avaient fait le déplacement à Pothnal, au Nord du Karnataka, au cours des mois de novembre, janvier et février dernier. Ils ont ainsi pu témoigner du travail sur le terrain d'une équipe aujourd'hui élargie à 20 personnes (12 femmes et 8 hommes) et de l'évolution du programme d'éducation et de santé qui concerne les 16 villages de cette région du centre de l'Inde. Au cours de l'année 2017, l'accent a été mis tout particulièrement sur le volet santé et le recrutement d'une infirmière qui a en charge le suivi santé des 64 enfants parrainés et de leurs familles. 

En 2016, l'association "ensemble, agissons" aura versé la somme de 49 500€ à Vimukti (30 000€ au titre du fonctionnement, 13 000€ au titre de la "guest house", 5 500€ au titre de l'habitat des familles les plus nécessiteuses et 1 000€ pour l'achat d'un nouveau scooter). Pour l'heure, l'association compte une centaine d'adhérents. La vente d'objets manufacturés, achetés sur fonds personnels par les membres bénévoles, a rapporté la somme de 550€ lors de cette Assemblée Générale à Villié-Morgon. De nouveaux projets de sensibilisation sont à l'étude dans différentes régions de France. Daniel Helbert, le Président, a aussi commencé un film documentaire, qui verra le jour en 2018, sur le statut et la place des femmes dans la société indienne.

lundi 1 mai 2017

Camp d'été pour les enfants parrainés

Vimukti et Ensemble agissons sont à l'origine du camp d'été organisé à Pothnal du 18 au 28 Avril 2017. Trente cinq enfants parrainés ont participé à ce rassemblement qui alternait moments éducatifs (apprentissage de l'anglais, ateliers informatiques, atelier dessin, réunions d'information) et moments de détente (yoga, jeux d'intérieur ou de plein air, projections de films, chants) dans le but de valoriser les talents et les compétences de chacun. Les quatre groupes d'enfants de 6 à 16 ans, venus des villages voisins, se sont faits de nouveaux amis. Ils sont retournés chez eux plus confiants et la tête remplie de bons souvenirs à raconter à leur famille. Une sortie pique-nique au Kish-kinda Resort a clôturé joyeusement ce beau rassemblement.


jeudi 27 avril 2017

Leadership et développement personnel


Vimukti souhaite s'appuyer sur une nouvelle génération de leaders. Au travers de modules d'apprentissage et de formation pratique basés sur l'expérience, il propose à des personnes qui partagent les mêmes valeurs (en particulier des jeunes) de se rassembler pour être plus fort et construire le monde de demain. C'était l'esprit du Séminaire de formation organisé les 23 et 24 mars dernier dans l'enceinte de Vimukti.

"Un leader, c'est quelqu'un qui s'engage dans un processus de facilitation, qui aide un groupe de gens à comprendre quels sont leurs intérêt communs, qui les accompagne sur le terrain pour atteindre leurs objectifs. Pour faire cela le leader doit garder une certaine neutralité et ne pas prendre de positions trop tranchées. Si vous voulez devenir un bon leader, vous devez développer des qualités de confiance, d'acceptation, de communication, d'inspiration, d'écoute, d'imitation, d'enseignement, de conseil, de technicien, d'observateur et de rapporteur", a notamment déclaré Satish Fernandes, le directeur de Vimukti Pothnal.

Mr Lawrence, une personne ressource venue de Sindhanur, a mené les séances d'entrainement en mettant l'accent sur les caractéristiques que doit développer toute personne qui veut occuper une position de leader, au travers de mises en situations, d'exercices interactifs, de discussions et de jeux de rôles qui mettent en avant les qualités intrinsèques de chacun et dont parfois il n'a pas réellement conscience. Il s'agit d'améliorer les qualités d'observation, de réflexe circonstancié, de diagnostic, d'analyse, afin d'accéder à une plus grande autonomie. Les participants venus des villages voisins ont trouvé ce séminaire très enrichissant car il leur a donné plus de confiance pour d'interagir avec les autorités locales. Ils ont aussi beaucoup apprécié les différentes façons d'aborder les problèmes et les qualités qu'il leur fallait encore développer dans l'avenir pour être encore plus efficient. 52 personnes ont participé à ce séminaire.

lundi 24 avril 2017

De Pothnal à Mangalore



Février 2017. La scène se passe dans la gare routière de Mangalore. Je viens de passer deux jours extraordinaires avec Vishalakshi (ma première filleule) et Mamatha (l'assistante de Satish à Pothnal).  Elles sont toutes les deux originaires des villages voisins de Belthangadhi et Ujire dans le Sud du Karnataka, à environ 50 kilomètres de Mangalore. Nous sommes sur le point de quitter Vishalakshi qui va retourner à la pension où elle séjourne depuis qu'elle a commencé ses études d'infirmière et nous allons rejoindre Pothnal. 15 heures de voyage en bus nous attendent. Mamatha est allée acheter quelques "en-cas" pour tenir le coup durant ce long périple.
Avril 2017. Mamatha est envoyée à Mangalore pour suivre une formation en informatique pendant 3 semaines. Elle retrouve Vishalakshi et partage la même chambre dans la même pension gratuite proposée par l'Etat aux jeunes issus de milieux défavorisés... La vie est parfois bien faite.

jeudi 13 avril 2017

Elle a montré la voie


La boucle est bouclée. Vishalakshi, 21 ans, vient d'obtenir son diplôme d'infirmière délivré par l'Université de Mangalore. La petite fille, qui n'avait que 8 ans lorsque j'ai décidé de la parrainer grâce à l'association "Un enfant par la main", est devenue une jeune fille qui a pris en main son destin. Grâce au parrainage et au soutien sans faille de l'association Vimukti Ujire, elle va avoir un vrai travail et envisager un avenir plus serein. Bien sûr, elle va devoir rembourser d'abord l'emprunt qu'elle a contracté pour aller au bout de ses études, mais la jeune fille épanouie et rieuse veut aller encore plus loin. Elle aimerait devenir formatrice pour les jeunes qui, comme elle, se sont lancés dans ce métier de la santé. Elle a ouvert la voie et le parrain que je suis a toutes les raisons d'être fier de son beau parcours. J'espère que beaucoup d'autres enfants parrainés avec le soutien de Vimukti Pothnal auront la même détermination pour aller au bout de leurs rêves.

vendredi 7 avril 2017

Bilans de santé gratuits


Sur le plan de la santé, nous avons pu constater de visu, lors de nos récents séjours à Pothnal (novembre et janvier/février), le véritable engagement de l'équipe de Vimukti. Des check-ups santé sont régulièrement organisés. A Pothnal, ils ont lieu à l'intérieur de la guest house transformée pour la circonstance en infirmerie et en salle de soins (une chambre est affectée aux contrôles effectués par l'infirmière et une seconde chambre tient lieu de cabinet pour les visites individualisées avec un médecin de Manvi. Shanta (la plus expérimenté mais seulement présente une ou deux fois par semaine) assure parfaitement son rôle de manager. Lalitha, jeune infirmière recrutée récemment, effectue des visites régulières dans les familles et Anamma (infirmière à l'hôpital de Pothnal) vient leur prêter main forte pour les check-ups organisés dans les villages (le plus souvent à l'ombre d'un arbre sur la place publique). Mamatha (l'assistante de Satish) tient le registre des consultations et un carnet de santé permet le suivi de chacun des patients. Ces bilans sont réalisés à titre de soins préventifs mais lorsque des situations plus alarmantes sont détectées, les individus sont envoyés à l'hôpital (Pothnal, Manvi, ou Raichur pour les cas les plus graves).



lundi 3 avril 2017

Agir pour mettre fin au mariage des enfants

L'Inde a elle seule totalise le tiers des enfants mariés avant 18 ans. Bien qu'interdit par la législation indienne indienne, cette pratique ancestrale perdure dans les zones rurales. Aussi à l'initiative de Vimukti et avec le soutien de "ensemble, agissons", une campagne contre le mariage précoce a été organisée avec la collaboration des écoles publiques afin d'éradiquer ce fléau qui est une violation grave des droits de l'enfant. Il entrave son développement, son éducation, sa santé et compromet son avenir.



Les élèves de l'école gouvernementale de Tadakal, accompagnés des enseignants et des membres de l'équipe de Vimukti, ont défilé dans les rues en portant des pancartes et des bannières réaffirmant la nécessité de protéger les droits des enfants.  Ils ont clamé avec force leur volonté de mettre un terme au mariage des enfants, à l'abandon des études, à la dot et à toutes les problèmes qui en découlent... Les jeunes filles en particulier, trop jeunes pour avoir des relations sexuelles et supporter une grossesse, souffrent toute leur vie de graves problèmes de santé, de complications quand elles sont enceintes et elles donnent naissance à des enfants malformés, fragiles, avec des insuffisances respiratoires, qui ne peuvent pas survivre car les filles mineures ne sont pas prises en charge par les hôpitaux.

vendredi 31 mars 2017

Le prix de la liberté

Inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé en Belgique en 2007, le film "Noces" du réalisateur Stephan Steker, nous plonge au coeur d'une situation que rencontre des millions de femmes partout dans le monde: le mariage arrangé au nom d'une tradition séculaire à laquelle nul ne doit déroger sous peine de perdre la face et tout contact avec les siens.


Zahira, 18 ans, la deuxième fille d'une famille Pakistanaise musulmane établie en Belgique et parfaitement intégrée, se rend chaque jour au Lycée où elle a de nombreux amis. Comme beaucoup de jeunes filles de son époque, elle sort parfois en boîte (à l'insu de ses parents), elle couche avec son mec, et partage ses hésitations avec sa meilleure amie. Elle tombe enceinte de Tariq, un jeune Pakistanais comme elle, qui ne veut pas entendre parler de bébé et qui lui demande d'avorter. Zahira, un peu perdue malgré le soutien de son frère aîné Amir, finit par renoncer à l'avortement et cache cette décision à son entourage. Comme il est de tradition dans la famille, elle va devoir choisir son futur mari sur Internet. Trois hommes au profil différent lui sont proposés par ses parents via Skype (obligatoirement un Pakistanais comme elle et vivant au Pakistan). Si elle refuse, la honte et le déshonneur s'abattront sur toute la famille, son père ne pourra plus retourner au Pakistan, sa plus jeune soeur ne pourra jamais se marier... autant d'objections qui viennent contrarier son désir de liberté. Déboussolée par les pressions et les chantages affectifs dont elle est l'objet, elle résiste par tous les moyens dans l'espoir de remettre à plus tard un mariage dont elle ne veut pas et auquel elle n'est pas préparée. "Evidemment que c'est injuste, on est des femmes, qu'est-ce que tu crois?" lui balance sa soeur ainée qui semble fière de s'être pliée de bonne grâce à cette tradition. Sous la contrainte, Zahia finit  par accepter un mariage arrangé avec un jeune Pakistanais tombé amoureux d'elle à l'autre bout du monde sur simple photo, avec à la clé une dot de 1 million de roupies quand même (30.000 € environ). Après une parodie de cérémonie célébrée par webcam interposée, elle découvre qu'elle va devoir rejoindre son mari et sa belle-famille pour les festivités prévues à Islamabad. Persistant dans son refus et grâce à son amie complice, elle va mettre un terme à sa grossesse et se rapprocher de son petit ami Belge qui représente à ses yeux tout ce à quoi elle n'a pas droit et, au premier chef, la liberté d'aimer. Zahira ne semble pas croire que tout cela soit vraiment la réalité et pense qu'elle peut s'en abstraire, fût-ce au prix d'une séparation momentanée avec les membres de sa famille. Je vous laisse deviner la fin tragique de cette histoire bouleversante qui résonne profondément en moi car elle concerne aussi beaucoup de mes jeunes amies indiennes.

Le réalisateur donne à voir toute la complexité des choix qui traversent tous les protagonistes sans vraiment chercher à juger. Respectueux de tous, Il expose, avec beaucoup de justesse, les tiraillements des ces jeunes pris en tenaille entre leur éducation occidentale et les traditions d'un autre temps. Sa mise en scène est fluide et portée par le jeu extraordinaire des acteurs (mention toute particulière à la lumineuse Lina El Arabi). Le film a obtenu de nombreux prix mérités dans les festivals. S'il est programmé près de chez vous, n'hésitez pas à abandonner votre télé pour deux heures de beau et grand cinéma.

mercredi 29 mars 2017

Savoir utiliser l'argent public

Les 23 et 24 mars dernier, Vimukti a organisé une formation placée sous la responsabilité de M. Ravidra Janekal, du district de Raichur. L'objectif: comment utiliser les fonds mis à la disposition par le gouvernement central en direction des basses castes. Car en pratique, il n'y pas d'obligation de dépenser les montants alloués et les fonds sont souvent utilisés d'autres fins. Les 61 participants ont reçu des éclaircissements sur l'utilisation de cet argent mis à la disposition du district et sur la manière de remplir à bon escient les documents mis à leur disposition. Les organisateurs ont exhorté les participants à utiliser ces plans afin qu'un maximum des gens puissent en tirer profit et ils ont stimulé leur apprentissage par des échanges interactifs.


vendredi 24 mars 2017

Elles vivent dans slums de Bangalore

Elles s'appellent Lilly, Salatha, Ruby, Zeena, Pavithra, Ramai, Yasmeen, Devi... et d'autres encore. Elles ont en commun d'habiter dans les slums de Bangalore, un quartier réputé pour être inhospitalier et dangereux pour quiconque s'y promène sans être accompagné. Une fin d'après-midi, sur les conseils avisés de Brandha, responsable d'un groupe de femmes, nous nous sommes aventurés (Arun, Santa et moi) dans cette partie de la ville où nous attendaient Lilly, Salatha et Ruby, trois femmes qui, pour sortir de la spirale de la violence, ont décidé de parier sur l'entraide et sur l'éducation des enfants.


Dans le petit abri aux murs noircis par la misère où elle a accepté de nous parler avant le retour de son mari, Lilly témoigne face à la caméra: "Je fais des ménages pour nourrir mes 4 enfants car mon mari est totalement absent. Je dois aussi emprunter de l'argent pour payer leurs études parce que je veux qu'ils aient une vie meilleure. Les travailleurs sociaux m'aident un peu mais mon mari ne fait absolument rien. Ma seule obsession, c'est d'offrir une bonne éducation à mes enfants et même si je dois travailler dur, ce qui me rend heureuse c'est de voir que mes enfants réussissent bien à l'école, qu'ils obtiennent de bons résultats. L'ainée vient de terminer le cycle secondaire, la deuxième est au niveau 10, la troisième est au niveau 6 et la petite dernière est au niveau 5.... Mon mari est alcoolique et ses intestins sont broyés par l'alcool... Beaucoup d'autres femmes ici partagent les mêmes difficultés car les maris ne travaillent pas, ils sont prisonniers de l'alcool et tombent malades. Et même si vous devez payer qu'une roupie pour avoir de l'eau, qui va payer cette roupie si votre mari ne travaille pas? Ce sont donc les femmes qui travaillent pour nourrir la famille".

Après cet entretien, Lilly et Salatha marchent en éclaireurs d'un pas rapide dans ce corridor de ruelles où les femmes étendent le linge sur des fils tendus entre les immeubles, où les marchands ambulants traînent des chariots brinquebalants, où les cris et les rires des enfants inquiètent tout autant qu'ils rassurent... sous le regard des hommes surpris par la caméra qui se fait pourtant la plus discrète possible. Lilly et Salatha, qui habitent cet endroit, expliquent aux personnes trop curieuses que nous ne sommes pas là pour parler de la misère qui sévit dans ce quartier mais pour mettre en avant le travail d'éducation auprès des jeunes. Salatha et Ruby témoignent à leur tour de leur combat de femmes confrontées à la violence du quotidien. Elles nous disent aussi qu'elles ne sont pas très rassurées car la violence peut surgir à chaque coin de rue et les vols à l'arraché sont fréquents dans cette jungle où la loi du plus fort fait force de loi. Alors nous ne nous attardons pas davantage et nous nous donnons rendez-vous pour partager le repas du lendemain avec vingt autres femmes qui habitent dans les slums. Un repas que j'aurais à coeur de leur offrir comme simple remerciement.


samedi 18 mars 2017

Un grand rassemblement à l'occasion du Women's day

Vimukti Pothnal et Janodhya Manvi ont célébré ensemble la Journée des femmes le 16 Mars dernier. Plus d'un millier de participants ont défilé dans les rues de Manvi en arborant des pancartes et des bannières sur lesquelles on pouvait lire les messages relatifs aux droits des femmes, aux mariages arrangés, exigeant des autorités qu'ils prennent les mesures nécessaires à l'égard de ceux qui bafouent encore les lois. L'une des participantes a partagé son expérience de soeur, d'épouse et de mère. Elle a exhorté toutes les femmes à donner une éducation à leurs filles car c'est toute la famille qui en reçoit les bénéfices.


Satish, le directeur de Vimukti Pothnal, s'est exprimé en ces termes: "Les femmes doivent affronter une multitude de challenges et de difficultés un peu partout dans le monde. Elles sont victimes de discrimination au travail;  elles sont souvent obligées de choisir entre le travail ou la famille; elles sont l'objet de violences quotidiennes en tant qu'épouses, soeurs ou grand-mères. Dans les pays les plus pauvres, elles supportent en plus les charges les plus lourdes: ce sont elles qui marchent de longues heures pour trouver de l'eau, ce sont elles qui meurent en couches, ce sont elles qui sont exploitées sexuellement ou forcées à se marier dès le plus jeune âge et contre leur volonté. Le plus souvent on leur dénie même le droit de vivre en tant que femmes".



Mrs Adhyimuni, présidente du Panchayath du district de Raichur, a pris la parole ces termes: "Il n'y a rien dans le monde de plus complexe et de plus étrange qu'une femme; elle est pleine de mystère. Chaque femme a le droit d'être traitée avec dignité et respect; personne n'a le droit d'abuser d'elle ou de l'humilier". Les autorités présentes sur l'estrade et tous les participants ont apprécié le programme de cette journée mêlant détente, prise de conscience et éducation. 

mercredi 15 mars 2017

Santa, la bien-nommée


J'ai fait sa connaissance il y a moins de deux semaines à Bangalore. Le rendez-vous avec l'actrice indienne Roopa ne pouvant avoir lieu en raison du tournage d'un nouveau film auquel elle participe, mon ami Arun m'a orienté vers cette jolie personne de 27 ans qui travaille pour une NGO Indienne "Community health and development HIV and AIDS Prévention, Education and Child Protection Programs" dans les collèges de Bangalore.

Elle habite avec sa famille au dernier étage d'un petit immeuble où vivent aussi oncles, tantes et cousins et cousines. Elle vit dans un confort que bien des jeunes filles de son âge pourraient lui envier dans cette mégapole tentaculaire. Son papa, en effet, a monté une petite entreprise qui fabrique des blocs de glace et la famille s'en sort plutôt bien. Son métier lui offre aussi une très grande liberté. Pendant trois jours, elle va nous accompagner et nous faire rencontrer d'autres femmes engagées dans le combat pour l'autonomie et la liberté.

D'un ton rapide et vif, elle va directement au coeur du sujet car l'un de ses combats c'est la pornographie. Non par pudeur mais parce que c'est la plus forte addiction qui touche actuellement les enfants, les adolescents et les jeunes en général. Une addiction dont personne ne veut parler. Tout le monde veut bien parler de l'addiction au tabac, à l'alcool mais le sexe reste tabou en Inde alors que un enfant sur deux est abusé sexuellement au sein même de sa propre famille. Alors elle va de collège en collège (plus de 50 à Bangalore) pour parler avec les adolescents de ces questions qui taraudent les esprits et qui conduisent nombre de jeunes filles (sous couvert de l'amour) à tomber dans les pièges tendus par de jeunes garçons en mal d'expériences extrêmes sous l'influence d'internet. Beaucoup de jeunes filles innocentes (souvent même brillantes à l'école) se font abusées sexuellement en contrepartie de la promesse d'un argent facile que ne peuvent leur donner leurs parents. Leurs vies sont alors ruinées car elles contractent le sida, ne peuvent que difficilement aller se plaindre auprès de la police dans une société où c'est toujours la fille qui est suspectée d'abord pour sa mauvaise conduite. Alors beaucoup perdent pied et se suicident... Telle est la triste réalité d'aujourd'hui dont elle témoigne avec force et talent.

mercredi 8 mars 2017

Celui par qui tout est arrivé.


Arun Lobo est un homme aussi attachant qu'insaisissable. Je l'ai rencontré la première fois dans le petit village d'Ujire, au Sud du Karnataka. C'était en 2007. Il dirigeait l'association indienne Vimukti responsable de ma filleule Vishalakshi. Rien dans son aspect extérieur ni dans ses propos ne pouvait laisser supposer qu'il appartenait à la communauté des Pères Capucins du Karnataka. C'est un homme simple, jovial, avec lequel le contact est facile et immédiat. Pendant les 3 jours pendant lesquels il nous a accompagné pour nous faire découvrir le Projet, j'ai été subjugué par son enthousiasme et sa capacité à être en empathie avec chacun. Et lorsque quelques mois plus tard, il m'a proposé de créer l'association et de le suivre à Pothnal, mon coeur a dit oui parce que c'était lui.

C'est donc avec lui que nous avons donc bâti le Projet d'éducation et de santé de Vimukti Pothnal où il a assumé la fonction de directeur de juin 2009 à fin 2010. Appelé par sa hiérarchie à faire des études supérieures en Sciences Sociales à l'Université de Fordham à New-York, c'est Satish, le directeur actuel, qui a pris le relais à Pothnal. Mais nos liens d'amitié sont restés intacts. A son retour en Inde, il a été nommé directeur du centre de Vimukti Chikkodi. A chacun de mes voyages, il me fait découvrir des aspects de l'Inde que je ne connaissais pas encore et mes amies françaises qui le connaissent sont aussi tombées sous le charme.


Lorsque je lui ai proposé de m'accompagner sur le projet de film relatif au statut et aux droits  des femmes en Inde, il m'a immédiatement assuré de son aide et de son soutien. Un sujet qu'il connait bien car il encadre des groupes de femmes qui se sont constituées dans le secteur dont il a la charge. Et grâce à lui, j'ai pu être introduit dans des cercles féminins inaccessibles au commun des mortels. J'ai rencontré des devadasis, j'ai partagé des moments incroyables avec des femmes musulmanes ou hindoues, j'ai pu pénétrer dans les slums de Bangalore et échanger avec ces mères qui se battent au quotidien pour que leurs enfants sortent de la misère... et tant de belles rencontres que j'aurai à coeur de vous faire découvrir dans ce prochain documentaire. Tout cela m'a été rendu possible parce que je connais l'Inde plus en profondeur après dix séjours de 3 à 9 semaines et parce que cet homme m'a fait totalement confiance. Une confiance partagée entre deux amis qui se ressemblent.

samedi 4 mars 2017

Elles m'ont ouvert leur coeur


Pas simple d'être une femme musulmane dans un pays grand comme huit fois la France, où les hindoues sont majoritaires et les vieilles querelles prêtes à jaillir comme le feu sous la braise. Pas simple non plus de porter la burqua lorsque l’on juge que vous êtes forcément victimes du pouvoir patriarcal qui vous tient sous sa coulpe. Chez nous, en France, un pays qui clame haut et fort le droit à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, on pense que le fait de se soustraire au regard des hommes dans la sphère publique est une hérésie qu’il faut bannir, fusse au moyen d’un cadre législatif plus ou moins inopérant. Ici, les femmes revendiquent le droit à la différence dans le respect des croyances et des pratiques culturelles qui nous échappent faute d’avoir été nous-mêmes initiés.

J’ai eu la chance  de rencontrer certaines d’entre elles dans le secteur de Chikkodi au Nord-Ouest du Karnataka. Sous l’impulsion du travail de terrain mis en œuvre par Vimukti, elles ont, petit à petit, constitué des groupes de paroles et mis en acte leurs revendications. Elles ont créé des micro-projets financés par des emprunts qu’elles ont contracté auprès des banques, elles se sont ensuite converties à la micro-finance en déposant le fruit leur travail sur des comptes bancaires dont elles ont la totale maîtrise. Burqua ou pas burqua (elles en font un choix personnel), elles revendiquent de prendre la parole, d’être libre de penser et d’agir selon leur bon droit. Ensemble, elles construisent l’Inde de demain. 


Elles se retrouvent chaque semaine au sein des groupes qu’elles ont constitué dans les différents villages du district. Parfois entre femmes d’une même communauté pour régler des questions propres à leur culture où à leur religion, le plus souvent dans des groupes intercommunautaires au sein desquels chacune se reconnaît avant tout comme une femme devant affronter les multiples problèmes posés par l’infanticide, les mariages arrangés dès le plus jeune âge, ou les violences dont elles sont encore trop souvent victimes. Dans leur regard, on sent poindre de la ferveur, de l’envie, une lueur d’espoir. Elles veulent pouvoir choisir la manière de séduire ou d’être séduite, de servir ou de prendre le pouvoir, d'être tout simplement elles-mêmes.

Le féminin de l'être (c'est un homme qui parle!) c'est sans doute une manière intuitive de sentir, d’appréhender les situations et les relations avec infiniment plus de respect, d’amour, de tolérance, de sensibilité que ne le propose notre monde qui met au panthéon des valeurs telles que la compétition, la réussite sociale, et l’argent trop vite gagné. N’est ce pas là que réside la vraie liberté ? Une liberté intérieure, invisible pour ceux qui n’ont pas accès à la part de féminité qui est en eux. Mises en confiance par la présence de mon ami Arun,  le directeur de Vimukti, elles ont ouvert leur cœur face à la caméra. Je ne vous oublierai pas.







mercredi 1 mars 2017

Et la vie continue... welcome Nagamma!


Il y a quelques semaines, je vous faisais part du décès tragique et des funérailles de Pavithra à Erlaggadi (cf post du 6 février 2017). Je suis retourné voir la famille ce matin accompagné de Jecintha, l'animatrice en charge de ce village, pour leur annoncer que Nagamma (11ans), la soeur ainée de Pavithra, prendra le relais en tant qu'enfant parrainée (merci Anne-Marie). La famille s'est engagée à envoyer Nagamma en pension à Vimukti Pothnal à la rentrée prochaine. Elle pourra ainsi bénéficier d'une scolarité mieux suivie car elle est l'ainée d'une famille de 4 enfants (dont un bébé de 5 mois). Pour fêter son entrée dans le parrainage, Lily, Véronique et Clémentine lui avait acheté avant leur départ une belle robe rose que j'ai eu la joie de lui remettre en présence des membres de sa famille et du voisinage. Un message réconfortant pour tous qui se lit aussi sur leurs visages.

lundi 27 février 2017

Une nouvelle habitation pour Girija

avant

Girija, 11 ans, fait partie des enfants parrainés. Elle habite dans le village de Devipura, situé à 7 kilomètres de Pothnal. Pour accéder à ce village, Il faut compter une demi-heure de trajet en deux roues motorisés (moto ou scooter) sur un chemin chaotique où les trous et les bosses sont légions. Nous avions constaté lors de précédents séjours que la petite maison faite d'un mélange de terre et de bouse séchée sur un sol perméable en terre battue, n'offrait pas un abri suffisant pour se protéger du vent, des animaux rampants et des pluies parfois violentes en période de mousson. Girija a donc bénéficié du soutien financier de "ensemble, agissons" et de l'accompagnement de Vimukti. Avec l'aide d'un maçon et la contribution des membres de sa famille, la maison a été construite en un temps record (moins de 3 mois). Girija va pouvoir enfin disposer d'un vrai toit et vivre une vie plus normale pour une déjà jeune fille de son âge.

après

jeudi 23 février 2017

Faire entendre leur voix


En prélude à la grande Fête placée sous le signe de la reconnaissance de leurs droits, plus de 900 enfants et adolescents appartenant aux 16 Parlements des villages voisins, encadrés par les membres de Vimukti Pothnal, ont défilé bruyamment dans les rues de Pothnal pour faire entendre leur voix. Sur les pancartes et les bannières, on pouvait lire en kannada (parfois en anglais) les messages relayés par un porte-voix perché à l'arrière d'une camionnette: "Non aux discriminationsEradiquons l'exploitation et le travail des enfants, Non à l'infanticide, aux abus sexuels, Prévenons les mariages arrangés, L'alcool et le sida tuent, Respectons notre environnement. Nous sommes les citoyens de demain." Ils s'adressaient aussi aux représentants officiels afin qu'ils prennent les mesures nécessaires pour imposer à tous ces droits inaliénables. Les participants se sont fait aussi entendre de la presse locale qui a fait largement écho de cette manifestation dans les colonnes des journaux au cours des jours suivants.



lundi 20 février 2017

Deux jours avec Vishlakshi et Mamatha

Tout est imprévisible mais la vie se charge de vous offrir parfois le meilleur. J'ai eu l'opportunité et la chance de passer deux jours avec celles que je considère, pour des raisons différentes, un peu comme mes filles ici en Inde. Notre complicité a fait le reste.


Vishalakshi est ma première filleule. Je l'ai parrainé de 2004 à 2015. Elle habitait Ujire, un petit village du Sud du Karnataka, situé entre les Ghats de Mangalore et la plaine de Bangalore. Elle n'avait encore que 11 ans lorsque nous sommes venus la voir la première fois en 2007. Les années ont passé et la petite fille timorée a grandi. Elle a bénéficié pendant toutes ces années du soutien de Vimukti Ujire, et plus particulièrement de l'accompagnement de Hilda, une animatrice qui l'a convaincu de poursuivre des études dans la cité voisine de Mangalore. Elle a tout mis en oeuvre auprès de sa famille pour que ce rêve devienne réalité. Les parrainages prenant fin à l'âge de 18 ans, nous avons décidé, avec Bernadette mon épouse, de poursuivre notre engagement à ses cotés, en complément de l'emprunt contracté en son nom par ses parents et qu'elle devra rembourser à la fin de ses études. L'obstination et le travail dont Vishalakshi a fait montre durant les 3 années passées à Mangalore dans une école d'infirmière ont été récompensés. Elle a appris l'anglais et, à tout juste 21 ans, elle vient de réussir les épreuves théoriques qui lui ouvrent le sésame pour l'obtention du diplôme d'Etat. Selon toute probabilité, elle l'obtiendra en avril ou mai prochain, lorsqu'elle aura effectué quelques visites dans les hôpitaux de Bangalore et remis son rapport de stage.... Merci Visha de nous offrir ce si beau cadeau.


Mamatha a un tout autre profil. Depuis la fin de l'année 2011, elle occupe avec compétence, jovialité et savoir-faire, la fonction délicate d'assistante auprès de Satish, le directeur de Vimukti Pothnal. Elle a beaucoup de cordes à son arc, passant sans complexe de la comptabilité à la cuisine, de l'assistance technique aux déplacements dans les villages. Elle a aujourd'hui 24 ans, l'âge requis en Inde pour faire une bonne épouse. Avec courage et ténacité, elle retarde toujours plus l'échéance imposée par ses parents qui contracteront pour elle ce qu'on appelle ici un mariage arrangé. Car malgré son caractère combatif et des parents plus compréhensifs que la moyenne, elle devra quand même se soumettre à l'accord décidé par les deux familles en charge d'envisager son avenir. Elle a, à ce jour, refusé catégoriquement les quatre propositions qui lui ont été faites, mais d'ici 2 ans au plus tard, elle n'aura plus aucun recours. Sa vie dépendra totalement du bon vouloir de son mari. Elle rêve encore que celui-ci lui accordera la possibilité de continuer de travailler dans la secteur social mais confinée à des tâches de comptabilité et d'administration. Fini la rigolade et les sorties avec les amis. L'Inde est encore très cruelle avec celles dont le premier rôle consiste à donner la vie, de préférence un garçon, qui sera garant des traditions familiales et de l'appartenance à une caste.


De culture hindoue l'une et l'autre, malgré une chance certaine, elles ne pourront se soustraire à ce rituel que d'aucun jugeront sans doute d'un autre âge. Difficile de comprendre cela vu de notre douce France.

vendredi 17 février 2017

L'Inde au féminin

Me voilà dans le grand bain. Déjà plus de deux semaines que je suis ici à Pothnal et les situations pouvant servir le propos de mon film se sont présentées naturellement. Il me reste encore trois semaines pour faire le plein des sensations, d'interviews, d'émotions... encore de belles rencontres en perspective. Regarder, écouter, vivre l'instant présent comme un cadeau de la vie. Après Bangalore, Chikkodi, Pothnal, je prends la route ce soir pour Mangalore. 13 heures de voyage en bus... avec en prime la joie de retrouver Vishalakshi, ma première filleule, par qui tout est arrivé.


Uma, Mamatha, Gauramma et Jecintha ont revêtu leurs plus beaux saris

mercredi 15 février 2017

Dans la presse indienne aussi

Le grand plateau du pensionnat, enjolivé de guirlandes de fleurs, de tissus colorés, tenait lieu de grande scène pour l'après-midi. Amplificateurs, table de mixage, micros, hauts-parleurs très puissants, tout avait été soigneusement prévu pour créer l'ambiance.  A l'occasion du septième anniversaire du partenariat entre Vimukti Pothnal et Ensemble, agissons France, plusieurs personnalités du monde associatif oeuvrant dans le secteur social au Karnataka ont été honorées pour leur engagement auprès des enfants afin de faire reconnaître leurs droits à l'éducation, à la santé, au développement. Un représentant du Parlement de l'Etat du Karnataka a pris la parole pour témoigner de son combat à leur cotés. Après les discours d'usage, les remises de décorations, les enfants ont envahis la scène et la fête a battu son plein dans une atmosphère de liesse. Les sourires sur les visages et les cris des enfants témoignaient d'une joie immense. 


lundi 13 février 2017

Septième anniversaire

La grande fête des enfants, avec son décorum et ses paillettes, son ambiance où les rires se mêlent aux musiques tonitruantes, aux discours redondants reste un rendez-vous incontournable. Pour les enfants, c'est surtout l'occasion de mettre en valeur leurs talents. Les groupes représentants tous les villages se succèdent sur la scène dans l'espoir d'obtenir les faveurs du jury qui récompensera le travail de plusieurs mois. Nous célébrons cette année le septième anniversaire de notre partenariat et de notre amitié. L'occasion m'est ainsi donnée de prendre la parole pour exprimer, en votre nom, notre gratitude et rendre hommage aux membres de l'équipe avec un petit poème, adapté de la belle chanson de Zaz, qui leur est dédié:

If i was i god, a king or a magician
If i had their skills, their strength or their charms,
If i had the keys of their soul,
If i had their power,
I will light dreams in children's brains,
I will put colors in their eyes,
I will imagine paradise for the poorest, 
the handicapped and the disadvantaged people,
But i am a simple man,
with bare hands and a cheerful heart,
So, with all of you,
Men an women, boys and girls,
animators and representatives,
we will build a new world
with more justice, peace and freedom,
little by little, step by step, 
drop by drop and heart to heart.


jeudi 9 février 2017

Journée des enfants parrainés


Les 61 enfants que nous accompagnons individuellement sur les chemins de l'éducation ont tous répondu présents à l'occasion de cette journée qui leur était consacrée. La petite Pavithra était aussi présente dans nos coeurs.
Ils sont venus à pied ou en rickshaw, entassés à l'arrière d'une camionnette ou agglutinés dans la remorque d'un tracteur, accompagnés des membres de leur famille (parents, frères et soeurs, oncles ou tantes) selon la disponibilité des uns ou des autres. Ils se sont prêtés avec enthousiasme à la séance photos (individuelle et en groupe) et ils ont apprécié les petits cadeaux que Lily, Véronique et Clémentine avaient méticuleusement préparés pour chacun d'entre eux. Après un déjeuner plus copieux qu'à l'ordinaire, ils ont pris possession du parvis de la maison transformé en petite scène pour l'occasion. Et selon un programme établi par les animateurs, ils nous ont offert des chants, des danses sous les regards enthousiastes et les applaudissements d'une assistance conquise.
A une journée placée sous le signe du deuil a succédé une journée festive, chaleureuse et bon enfant pour le plus grand plaisir de tous. Rendez-vous dimanche prochain pour la grande fête annuelle ouverte à tous organisée dans l'enceinte de Vimukti Pothal.