vendredi 10 août 2018

Des groupes d'adolescentes

Vimukti a créé 10 groupes d'adolescentes. Chacun de ces groupes est rattaché au Projet et compte environ 25 à 30 jeunes filles qui ont entre 12 et 18 ans. Les animatrices jouent un rôle important dans le renforcement de ces groupes qui se réunissent chaque semaine pour parler de la violence domestique, des mariages d'enfants, des abus sexuels, des trafics d'êtres humains, de la discrimination sexuelle, mais aussi pour encourager ces jeunes filles à adopter de nouvelles  pratiques en matière de santé, de suivi médical, pour prévenir l'anémie et recevoir des conseils sur les sujets les plus divers concernant l'éducation, la reproduction, les cycles menstruels, les moyens contraceptifs, la sexualité, le droit des femmes, les leadership, etc... car ici l'ignorance et les tabous ont la vie dure et font encore bien des ravages.

Les personnes ressources leur apportent des outils afin qu'elles puissent acquérir des compétences individuelles et collectives en matière de communication, de confiance en soi, de prise de décision, de recherche d'emploi... pour qu'elles puissent jouer un rôle actif au sein de leur communauté et prendre en main leur destin.




jeudi 2 août 2018

Distribution de jeunes pousses dans les villages

Vimukti Pothnal organise régulièrement des distributions gratuites de jeunes pousses dans les villages. Le but de ces campagnes de sensibilisation, c'est d'encourager les habitants à prêter une attention particulière à la protection de l'environnement. Dans un contexte rural très pauvre où la végétation se fait rare, la protection de l'environnement n'est pas la préoccupation majeure de la population. Ici, la rareté du bois (et son coût très élevé) justifie que les corps défunts soient mis en terre et non incinérés, comme le veut la tradition hindouiste. Ici pas de poubelles, ni de service de voirie. Les plastiques jonchent les ruelles du village. Au lever du jour, les plus consciencieux brûlent indistinctement tous les détritus amassés devant la maison et c'est le même spectacle qui s'offre à nos yeux tous les jours. Les campagnes d'information et la plantation de jeunes pousses pourront-elles améliorer sensiblement la situation? C'est en tous cas le voeu exprimé par celles et ceux qui se sont lancés dans cette nouvelle aventure avec courage et persévérance.




jeudi 26 juillet 2018

Nous en avions rêvé, elle est là... Merci Nivas!


Les travaux sont désormais terminés. Le premier étage de la maison Merci Nivas va pouvoir accueillir les jeunes filles en pensionnat. Elle bénéficieront de conditions d'accueil et d'hébergement propices au bon déroulement de leurs études et à l'apprentissage de la vie en groupe, encadrées par des éducatrices qui les accompagnerons sur les chemins de la vie. Dans son discours inaugural, Satish Fernandes, a fait part de son état d'esprit: " C'est la confiance qui rend les choses possibles et c'est l'amour qui les rend faciles à réaliser. Que cette maison soit une source d'inspiration et un lieu d'accueil pour toutes celles et ceux qui en franchiront le seuil, sans aucune discrimination."


Ce qui n'était encore il y a peu qu'un objectif à long terme, s'est réalisé grâce à notre ami providentiel Patrice Fabart. C'est lui qui a financé, une nouvelle fois, cette construction pour un montant de 34 000€. Qu'il soit ici remercié pour sa très grande générosité, permettant à Vimukti et à Ensemble, agissons de concrétiser un projet dont ils avaient ensemble longtemps rêvé. Un grand merci à Satish Fernandes, le directeur de Vimukti, qui a mené à bien ces travaux avec un soin et une efficacité remarquables, encouragé et soutenu par Alwyn Dias, venu inaugurer ce bâtiment le 8 juillet dernier. Une immense gratitude enfin envers toutes celles et ceux qui soutiennent notre action d'éducation et de santé au service des plus démunis depuis bientôt dix ans.


Dans le même temps, nous avons appris que notre ami Elvin Lopez, assistant à mi-temps de Satish Fernandes, quittait Vimukti Pothnal afin de poursuivre des études supérieures en communication à New-Delhi. Apprécié de tous, et particulièrement des enfants du pensionnat auxquels il apportait ses talents de pédagogue, il laissera un souvenir précieux dans toutes les mémoires. Nous lui souhaitons bonne chance pour cette nouvelle aventure à laquelle il est personnellement attaché. Nos chemins se croiseront sûrement au cours des années à venir.


jeudi 5 juillet 2018

Un combat pour la liberté

Iram Haq, actrice, scénariste et réalisatrice de 42 ans, a réalisé ce film (titre original: "What will people say") à partir de son histoire personnelle, celle qu'elle a elle-même vécue il y a 25 ans.

Comme Nisha, 16 ans, jeune norvégienne d'origine pakistanaise, elle a vécu son adolescence dans le pays où sa famille avait émigré dans l'espoir d'y trouver une vie meilleure et plus facile. Comme elle, elle a souffert d'une culture et d'un mode patriarcal où tradition et religion guident tous les comportements. Promise à un avenir d'avocate ou de médecin, elle sera la fierté de sa famille, à condition de ne pas s'intégrer au pays d'accueil, en refusant ses pratiques et ses moeurs, ses libertés individuelles et sexuelles. Surprise par son père avec un garçon, Nisha est battue, séquestrée, avant d'être conduite de force au Pakistan pour y être éduquée selon les rites et les diktats imposés par la famille de son oncle. Leur seul credo: éviter à tout prix la mauvaise réputation dont sont victimes ceux qui ne respectent pas les codes imposés par la communauté. Fussent au prix des non-dits, des mariages forcés et des rapports familiaux d'une violence insupportable.

Adil Hussain, déjà vu dans "l'Odyssée de Py" et dans "La saison des femmes", incarne un père à la fois intraitable et aimant transpercé par ses conflits intérieurs. Maria Mozhdah endosse à la perfection le rôle de cette jeune adolescente ordinaire et rebelle que rien n'arrête et qui ira jusqu'au bout de son combat pour la liberté. Avec une puissance inouïe et une parfaite maîtrise de la mise en scène (les scènes du Pakistan ont été tournées en Inde), Iram Haq nous livre un film politique audacieux, terrifiant, et parfaitement lucide sur les questions de la manipulation, de l'oppression et de la honte, dans une société qui n'en finit pas démêler ses contradictions.

Iram Haq explique que les conflits culturels et générationnels attraient au contrôle social, au fait que tout le monde soit piégé. La fille, le père, la mère, le frère... ils sont tous contraints par leur univers et surtout par les autres. "Même en Norvège, je remarque que les gens font très attention au regard des autres et accordent beaucoup d'importance à ce que leurs voisins diront. C'est le contrôle social et c'est le sujet qui m'intéresse le plus dans cette histoire. Pourquoi faisons-nous ce que les autres attendent de nous. Pourquoi ne pas simplement faire ce que nous sentons être la bonne chose, au fond de nous?... Le bonheur dépend uniquement de notre instinct, et dans quelle mesure nous choisissons de l'écouter. Notre instinct a toujours raison, il sait pertinemment ce qui est bon pour nous. Et même s'il nous arrive de faire quelques erreurs, le simple fait d'écouter notre coeur prouve que nous sommes sur le bon chemin...  Les gens doivent se débarrasser de ces sentiments de honte qui les hantent systématiquement et contrôlent le moindre détail de leur vie... Discuter est le meilleur moyen de se comprendre. Je crois en la parole libre, en la pensée libre et je les défendrais toute la vie. Ouvrez votre esprit! Il n'y a pas qu'une manière de penser. Il existe des centaines de manière de penser."

mardi 26 juin 2018

Journée internationale du Yoga à Vimukti Pothnal

Le Yoga est une pratique physique, un entraînement de l'esprit et un exercice spirituel qui a vu le jour en Inde. Le Yoga traditionnel est plus qu'un exercice physique. C'est un apprentissage de la méditation et de la spiritualité. Le Yoga permet la relaxation, réduit le stress, facilite la concentration et améliore l'état global de notre santé. Il renforce et équilibre toutes les parties du corps. Il améliore la respiration, la mémoire et réduit le stress. C'est un excellent entraînement pour les enfants et les adolescents. Sous la conduite de Elvin Lopes, les enfants du pensionnat de Vimukti ont célébré la 4è journée mondiale du Yoga sous le titre "Yoga de l'harmonie et de la paix". Le Yoga fait partie désormais du quotidien des enfants.


vendredi 1 juin 2018

Rituel de sortie du parrainage

Le Jeudi 31 mai à Pothnal a eu lieu la cérémonie qui met fin au parrainage pour les jeunes ayant atteint l'âge de 18 ans. Pour la circonstance, l'équipe de Vimukti et son directeur, Satish Fernandes, avaient préparé un programme taillé sur mesure en l'honneur des 7 garçons et filles concernés par cette sortie.  Sous le regard attendri de leurs cadets, Chamundi, Hampalamma, Praveen, Roopa, Sharada, Shiva Kumar et Sushma ont chaleureusement remerciés leurs parrains et marraines de les avoir ainsi accompagnés sur les chemins de l'éducation pendant toutes ces années. Certains vont pouvoir continuer des études, d'autres devront répondre à l'attente de la famille. Nul doute qu'ils garderont au fond de leur coeur ce témoignage d'amour qu'ils ont manifesté lors de cette cérémonie qui mettait officiellement un terme à leur parrainage. D'autres jeunes enfants ont déjà pris le relais. Ainsi va la vie...


vendredi 18 mai 2018

Destins de femmes indiennes

Après "Welcome in Pothnal" réalisé en 2014, voici "Destins de femmes indiennes", un parcours dans le Karnataka, fruit d'un travail qui s'est échelonné sur deux années.



"Dans ce film, j'ai souhaité donner la parole aux femmes que j'ai rencontrées au cours des dix années pendant lesquelles j'ai sillonné les routes du Karnataka, de Pothnal à Bangalore en passant par Mangalore et Chikkodi. J'ai toujours été fasciné par leur beauté, leur dignité, mais aussi par le courage et la détermination dont elles font preuve pour faire valoir leurs droits trop souvent bafoués dans une Inde traditionaliste. J'ai aussi voulu leur témoigner ma reconnaissance pour tout ce qu'elles m'ont apporté et leur rendre ce qu'elles m'ont donné."

Pandit Nehru disait au siècle dernier: "On peut juger de l'état d'une nation d'après la condition de ses femmes". Naître fille en Inde aujourd'hui, plus qu'ailleurs, n'est pas toujours un destin enviable. C'est d'abord échapper à l'infanticide encore pratiqué dans les campagnes, être parfois battue, insultée, par des pères ou des frères sans scrupules, passer brutalement de l'enfance à l'âge adulte, se soumettre à la tradition du mariage arrangé et de la dot, être victime de la honte ou de l'opprobre du voisinage, travailler dur à la maison, dans les champs ou sur les chantiers, pour suivre le chemin de sa destinée.

Pour sortir de cet engrenage malheureux qui engendre tant de souffrances, les femmes indiennes ont emboîté le pas de leurs soeurs occidentales pour réclamer justice, respect et dignité. Leur combat sera long et semé d'embûches. mais comme le disait aussi Mahatma Gandhi: "Soyez le changement que vous voulez dans le monde".

mercredi 16 mai 2018

L'accompagnement pré et post-natal

COORDINATION « PARRAINAGES SANTÉ  » - N° 2

Une des priorités des programmes développés par Vimukti Pothnal est l’accompagnement des femmes enceintes et des jeunes mamans. La présence de Nagaratna, l’infirmière du projet, permet un soutien de proximité au coeur des 16 villages autour de Pothnal. Son témoignage nous apporte des éléments concrets d’information et nous éclaire sur la situation locale : 
« A ce jour, il y a, en moyenne, 25 femmes enceintes par village. Plus de 415 femmes sont concernées par l’accompagnement prénatal dont 50% sont très pauvres et très faibles. La plupart d’entre elles continuent à travailler, le plus souvent dans les champs. Elles ne prennent pas suffisamment de repos et ne mangent pas en rapport avec leurs besoins nutritionnels qualitatifsElles souffrent très souvent d’anémie. Beaucoup de femmes accouchent chez elles. Pour les accouchements qui nécessitent une assistance médicale, la naissance peut se dérouler à l'hôpital ou dans un établissement privéA Pothnal, 30 accouchements sont effectués chaque mois à l’hôpital, les soins sont gratuits et une allocation d’environ 80 euros est allouée à la famille. Dans les cliniques privées, le coût s’élève à 250 euros pour un accouchement et peut atteindre 650 euros en fonction des soins nécessaires. Les visites de médecin à domicile sont très onéreuses, environ 80 euros. Après la naissance, la femme a besoin de compléments nutritionnels (boissons énergisantes et comprimés riches en fer) et d’un accompagnement global dans le domaine de la santé. Ici il n' y a pas de planning familial ».
En Inde, 5 % des enfants meurent avant leur 5ème anniversaire.

La philosophie du développement des programmes de santé de Vimukti Pothnal est de répondre aux enjeux majeurs de l’accompagnement des familles, au niveau de la santé, tant du point de vue de la prévention, de l’information que de la formation aux premiers soins. Des fonds supplémentaires sont nécessaires pour le déploiement des actions dans la durée.

dimanche 29 avril 2018

Assemblée Générale 2018 à Villié-Morgon

Merci à vous d'être fidèles à ce rendez-vous qui ponctue la vie de notre association. J'apprécie particulièrement ce moment, car une fois l'an, j'ai la chance d'être entouré par celles et ceux qui font "ensemble, agissons". Vous êtes mes plus fidèles supporters et c'est un grand bonheur de vous accueillir ici dans le Beaujolais qui vient d'être labellisé Geopark mondial par l'Unesco. Cela fait déjà 9 ans que l'association a été créée et l'an prochain, nous fêterons donc notre dixième anniversaire.


L'association se porte bien. Nous approchons le nombre de 100 adhérents. Nous comptabilisons à ce jour 66 parrainages enfants et 10 parrainages santé. Les enfants et les familles sont très reconnaissantes du soutien que nous leur apportons et l'équipe de Vimukti Pothnal, sous la houlette de notre ami Satish, fait un travail remarquable salué par tous. J'ai aussi la chance, depuis le début de cette aventure, d'être bien entouré et soutenu par une marraine et des membres du conseil d'administration très investis et qui mettent leurs compétences au service de l'association. Grâce à eux, ensemble, agissons reste dynamique et au plus près du Projet initial, tout en prenant en compte son évolution.. Merci enfin aux membres bienfaiteurs, avec une mention spéciale à Patrice Fabart. Sans son apport financier et sa grande générosité, nous n'aurions pas avancé aussi vite.

Cette année, nous avons été encore nombreux à nous rendre à Pothnal. Bernadette et moi en novembre dernier. Puis Véronique, Clémentine et Alix au début de février. Nous rendrons compte de nos séjours respectifs dans le premier temps de l'après-midi. Dans un second temps, nous vous présenterons un travail réalisé par Elvin Lopes, jeune capucin assistant du Directeur, sur chacun des enfants parrainés. Nous répondrons à vos questions et nous échangerons sur différents points qui vous intéressent plus précisément. Puis nous partagerons le verre de l'amitié et vous pourrez découvrir les objets manufacturés que nous nous avons rapporté de notre voyage. Des objets achetés sur fonds personnels et que nous vendons au bénéfice de l'association. Après le dîner vous découvrirez en avant-première, le documentaire "Destins de femmes indiennes" dont le montage a été finalisé il y a une dizaine de jours seulement. Je remercie chaleureusement celles et ceux qui ont apporté une contribution financière à la réalisation de ce film qui servira de support à notre communication dans les mois à venir. Nous réserverons la matinée de dimanche à l'Assemblée statutaire: rapport d'activités, rapport financier, élections au conseil d'administration, projets d'activités, questions diverses...


jeudi 26 avril 2018

"Safe village program" contre les trafics humains

On estime à environ 10 millions le nombre de femmes et de jeunes filles qui se prostituent en Inde. Un grand nombre d'entre elles sont prisonnières de bordels où la violence, souvent mortelle, a force de loi. Ces femmes et ces jeunes filles sont kidnappées et forcées à devenir des esclaves sexuelles. Beaucoup de ces jeunes filles ont été vendues par leurs parents. Les filles qui habitent dans des villages isolés sont particulièrement ciblées, en échange de la promesse d'une éducation, d'un travail ou d'un mariage. Les parents tombent dans le piège car ils ignorent tout de ces pratiques.


Conscient de cette dure réalité, Vimukti Pothnal a mis en oeuvre un nouveau programme intitulé "Safe Village Program", afin de prévenir la population appartenant aux 212 villages du district de Manvi, Raichur et mettre un terme à ces abus sexuels en alertant les jeunes filles en amont. La première tâche est la prévention et la prise de conscience du risque élevé de ces pratiques dans la région. La prévention ne peut se faire si les familles ne sont pas informées qu'elles sont la cible des trafiquants. A Manvi, la plupart des familles ignorent que leurs filles vendues sont exploitées sexuellement. Les organisations non gouvernementales multiplient les efforts pour les sauver et les réhabiliter au sein de la société. Le programme de Vimukti vise à aller dans ces zones à risques autour de Raichur, en expliquant notamment aux familles comment elles peuvent protéger leurs enfants. Une campagne importante est actuellement menée par une NGO d'Hyderabad et leur programme est bien accueilli par les familles, les leaders locaux et les membres du Panchayat. Les adolescentes, les enfants scolarisés, bénéficient de ce programme. Les membres de l'équipe de Vimukti leur ont emboité le pas.

samedi 7 avril 2018

Le sida fait aussi des ravages

Mariyamma, la maman de Basamma, un enfant parrainé, a quitté cette vie au terme d'un long combat contre la maladie. Touchée par le Sida, elle bénéficiait d'un traitement depuis 6 ans. Vimukti aidait la famille en lui fournissant de la nourriture et des petits équipements. Ses funérailles ont eu lieu à Markumdini, le village où elle habitait avec Basamma, l'unique fille de la famille.


Le papa de Basamma était également mort du Sida, il y a quinzaine d'années. Les 2 ainés sont mariés. Les deux cadets sont dans un orphelinat à Bangalore et le cinquième garçon travaille comme coolie. Basamma fait partie des enfants dont le parrainage va bientôt s'interrompre car elle vient d'avoir 18 ans. Quel sera son avenir? Son destin est désormais entre les mains de ses frères.

lundi 2 avril 2018

Violence expéditive dans l'Inde d'aujourd'hui


La nouvelle est tombée il y a quelques jours, en provenance de Pothnal. Thimmanna, le papa de Vijay Kumar, un enfant parrainé (au centre sur la photo), est décédé au cours d'une rixe qu'il a lui-même provoqué. Thimmanna était parti vivre à Bangalore avec sa femme et ses deux plus jeunes enfants. En échange des services qu'il rendait comme employé de service dans une institution catholique (sa femme aidait aussi à la cuisine), la famille bénéficiait d'un logement convenable et menait une vie simple et discrète. L'ainé, un garçon de 13 ans, était resté au pensionnat de Sneha Jyothi School, l'établissement dirigé par les Pères Capucins de Pothnal.  Les plus jeunes poursuivaient leurs études au sein de l'école de Bangalore et Thimmanna semblait dévoué au bonheur des siens. Mais la vie en a voulu autrement... Depuis quelques temps, Thimmanna vivait sous l'emprise de l'alcool. Il était devenu violent et battait régulièrement sa femme. Tous les soirs, après sa journée de travail, il allait consommer de l'alcool au bar de la localité. D'après les informations qui nous sont parvenues, Thimmanna, fortement alcoolisé, s'en est pris au tenancier du bar et aux autres. S'en est suivi une bagarre au cours de laquelle Thimmanna a perdu la vie. Aucune plainte n'ayant été déposée, l'affaire a été classée sans suite par la police locale. Thimmana a été rapatrié et enterré dans son village de Dothrabandi en présence des membres de sa famille, des voisins et des représentants de Vimukti.

mardi 20 mars 2018

Pour l'interdiction de l'alcool dans les villages du Karnataka

Cela se passe au stade Mahatma Gandhi de Raichur.  Pendant 71 jours, (du 20 février au début du mois de Mai),  des centaines de femmes, en provenance des villages du district, protestent jour et nuit pour demander l'interdiction de l'alcool dans les villages du Karnataka. Chaque jour, elles se réunissent, arborant pancartes et bannières,  pour fustiger la consommation d'alcool. Elles demandent au gouvernement d'interdire complètement l'alcool et aux partis politiques d'inscrire cette interdiction dans leur programme en disant: "Notre vote ira à ceux qui mettront en oeuvre la prohibition."

Les efforts pour alerter la population sur les dangers de l'alcool sont continuellement mis en avant dans ce district où la consommation d'alcool fait des ravages, particulièrement dans les villages  les plus reculés. Plusieurs leaders religieux se sont joints aux manifestants. Leur but, c'est d'élargir considérablement cette prise de conscience parmi les femmes qui vivent en milieu rural afin de combattre l'addiction à l'alcool dans la société. Des représentants des divers partis politiques ont pris la parole et des "mémorandums" ont été remis aux autorités du Karnataka.



vendredi 16 mars 2018

Seulement 5% des femmes indiennes choisissent leur mari


Selon un sondage récent de l'Indian Human Development Survey, seulement 5% des femmes indiennes choisissent leur mari et 27% sont mariées avant 18 ans. Un immense progrès, selon l'Unicef, par rapport au chiffres de la décennie précédente.

Ce résultat encourageant est le résultat d'une vraie prise de conscience quant aux conséquences négatives de ces unions, notamment sur la santé et le niveau de vie. Grâce à un meilleur accès à l'éducation, les traditions sont peu à peu remises en cause. Mais si l'âge légal du mariage en Inde est de 18 ans pour les femmes et de 21 ans pour les hommes, la loi ne semble pas impressionner le peuple indien et le mariage d'enfants mineurs restent très ancré dans la société.

Dans la région de Pothnal, grâce au travail d'information conduit par Vimukti au sein des villages, les mariages d'enfants se font plus rares, car dès qu'ils ont connaissance d'une information relative à un mariage précoce, les animateurs se rendent dans les familles et mettent tout en oeuvre pour empêcher ce mariage, menaçant même les familles de les dénoncer auprès des autorités locales et de la police pour faire respecter la loi. Démarche suffisamment persuasive pour éviter que des enfants soient mariés contre leur gré avant l'âge légal.

lundi 5 mars 2018

Shiva Putra, dit '"Shaputra"


"La première fois où j'ai débarqué dans la cour de l'école où il y avait tous les enfants qui jouaient, du fin fond de la cour, il y a un petit garçon qui a couru vers moi en criant: Mamy, Maman, Mamy,  et qui s'est jeté dans mes bras et qui est resté contre moi, contre ma jambe, pendant tout le temps où il était là, et puis on s'est regardé, il y a quelque chose qui s'est passé. Là c'est une rencontre et là je peux dire que c'est lui qui m'a choisie. Et l'expérience d'être choisie par un enfant, cela n'a aucun prix".

Ainsi s'exprimait Lily Jattiot peu après sa rencontre avec Shaputra en 2011. Il n'avait alors que 7 ans.  Depuis, l'enfant a grandi. Et c'est un jeune homme de 14 ans que nous avons rencontré à Vimukti Pothnal en novembre dernier. Il est venu seul en bus du village éloigné de 40 kilomètres où vivent quelques membres de sa famille. Il est en pension dans un collège privé et rêve de devenir ingénieur. Cet adolescent réservé entretient une très grande affection pour sa marraine qui lui a offert son premier vélo en 2018. Et il s'est empressé de mettre le jean et la chemise qu'il venait de choisir au magasin du village comme pour mieux affirmer sa personnalité.


jeudi 1 mars 2018

Naître fille en Inde

Naître fille en Inde, plus qu'ailleurs, n'est pas toujours un destin enviable. C'est d'abord échapper à l'infanticide encore pratiqué dans les campagnes, être parfois battue, insultée, par des pères ou des frères sans scrupules, se battre quotidiennement pour suivre les chemins de l'école, passer brutalement de l'enfance à l'âge adulte, se soumettre à la tradition du mariage arrangé et de la dot, être victime de la honte ou de l'opprobe du voisinage, c'est travailler dur à la maison, dans les champs ou sur les chantiers, c'est accepter de suivre le chemin de sa destinée.    


A cause d'une préférence pour les enfants de sexe masculin, très ancrée dans la culture, il manque statistiquement plus de 60 millions de femmes en Inde. Ce déséquilibre démographique est la conséquence d'avortement sélectifs en fonction du genre mais aussi au traitement de faveur réservé aux garçons, notamment en matière de nutrition et de santé. De plus, les parents qui ont eu un garçon sont plus susceptibles de s'arrêter là, alors qu'ils seront portés à désirer un deuxième enfant s'ils ont eu d'abord une fille.

En Inde, la naissance d'un garçon donne souvent lieu à des célébrations et procure une grande fierté à la famille. La naissance d'une fille, au contraire, peut plonger les parents dans l'embarras, voire la peine, face à la dot qu'il faudra réunir pour son mariage. Il est acquis que les petites indiennes sont moins instruites que les garçons, qu'elles mangent aussi moins bien et qu'elles sont moins bien soignées. En analysant le taux de natalité du dernier né, le rapport gouvernemental estime  que 21 millions de petites indiennes n'étaient pas vraiment désirées - les parents tentaient en fait d'avoir un garçon.

jeudi 8 février 2018

Une aide gouvernementale pour la construction de toilettes

Vimukti Pothnal, avec le soutien et le collaboration du Panchayat d'Utakanoor, a organisé un programme d'information relatif à la construction de toilettes dans les villages. Une aide financière peut être accordée par le Panchayat, qui relaie les financements gouvernementaux. 98 villageois ont participé à cette journée au cours de laquelle Mr Channa a communiqué aux personnes présentes toutes les informations utiles sur l'aide accordée, insistant sur la nécessité de construire des toilettes dans chaque maison. Symboliquement, Satish Fernandes, le directeur de Vimukti Pothnal a inauguré le chantier et il a fortement encouragé les habitants du village à profiter de ce plan gouvernemental en s'adressant directement au Panchayat (responsable de village).



samedi 3 février 2018

L'empreinte d'une vie


Partout, en tous lieux, les femmes portent...

Elles portent le bébé venu très tôt dans leur ventre,
Elles portent le fardeau d'une enfance sous le joug,
Elles portent les jarres d'eau sur leur tête,
Elles portent les fagots de mais qui nourrira le bétail,
Elles portent les sacs de blé, de riz ou de coton qu'elles viennent de cueillir,
Elles portent les légumes et les fruits achetés au marché,
Elles portent le linge lavé à la rivière,
Elles portent le sable, le ciment et les pierres du chantier
Elles portent la fatigue d'une journée sans fin,

Elles portent sur leur corps qui se courbe peu à peu l'empreinte d'une vie.

lundi 29 janvier 2018

Satish, le directeur de Vimukti Pothnal, justement récompensé

Notre ami Satish Fernandes, qui dirige le centre Vimukti Pothnal, vient de recevoir la distinction du "Meilleur travailleur social" du district de Raichur. Une juste récompense pour celui qui, depuis 7 ans déjà, conduit les rênes du Projet de Vimukti Pothnal avec un enthousiasme débordant et une énergie incroyable au service des plus pauvres dont il plaide inlassablement la cause. Education, santé, Sida, handicaps physiques et mentaux, droits des enfants, formations des femmes, protection de l'environnement, children's clubs, Parlements des enfants... il est sur tous les fronts chaque fois qu'il s'agit d'accompagner les plus déshérités à faire valoir leurs droits auprès des autorités locales et gouvernementales. Membre du "Comité pour l'aide à l'enfance" du district de Raichur, il représente une source d'espoir pour tous ceux qui sont confrontés au dures réalités de la vie. Grâce à lui et à son équipe, le monde change "peu à peu, miette à miette, goutte à goutte et coeur à coeur". Félicitations de la part de tous les membres de l'association "ensemble, agissons".




vendredi 26 janvier 2018

Rekha, le rêve d'une enfance perdue

Elle s'appelle Rekha. Un prénom qui, en sanskrit, signifie Soleil. Rekha possède deux faces, la première: extérieure, forte rusée, pleine de confiance et de grâce et la seconde beaucoup plus secrète, réagissant intérieurement, renfermée, encaissant les coups en silence. Rekha joue de cette dualité et déconcerte par son comportement ambigu. C'est cette dualité que nous avons pu observer chez cette adolescente à qui nous avons apporté notre soutien car elle fait partie d'une famille nombreuse dans laquelle elle fait figure d'enfant sacrifiée. Son papa, alcoolique et parfois violent, ne s'acharne pas au travail pour entretenir sa famille. Sa maman, fatiguée par les grossesses à répétition, affronte le quotidien avec passivité et nonchalance. La soeur ainée, déjà mariée, est allée vivre dans sa belle-famille, laissant à Rekha le rôle de la servante. Elle supplée aux absences du père en allant travailler aux champs, afin de gagner quelques roupies qui serviront à nourrir la famille.

Et pourtant, dans le fond de son coeur, elle rêve parfois de devenir enseignante. Mais pour cela, il faudrait qu'elle puisse aller régulièrement à l'école, travailler dur et se sentir épaulé par sa famille ou des adultes qui ont confiance en elle. Nous lui avons proposé de venir en pension à Vimukti afin qu'elle puisse se libérer des tâches domestiques et de l'emprise de son papa qui a fait d'elle son esclave. Toutes les conditions semblaient réunies lorsque nous sommes allés voir sa famille en novembre dernier dans leur petite maison du village de Belwata. Les deux parents avaient donné leur accord pour qu'elle rejoigne le petit groupe d'enfants du pensionnat. Elle est venue le lendemain à Pothnal avec un sac à dos contenant vêtements et affaires utiles au quotidien. Nous avons, avec elle, fait quelques achats supplémentaires dans les boutiques avoisinantes pour qu'elle ne manque de rien.... Malheureusement, après l'euphorie des premières heures, nous avons vite déchanté. Elle a prétexté que sa famille lui manquait pour rejoindre, sans informer quiconque, un jeune homme du village prétendument être un ami de la famille... Et le lendemain soir, sans prévenir, elle reprenait le chemin de sa maison, avec toutes ses affaires.

Les membres de l'équipe de Vimukti qui l'ont toujours soutenue, elle et sa famille, nous ont fait comprendre qu'ils étaient las de continuer à s'occuper d'elle car le même scénario se répétait inlassablement et que ce n'était sans doute pas très juste de dépenser tant d'énergie pour un tel résultat. Nous avons dû, nous aussi, nous incliner devant ce constat désarmant. Que faire face à une telle situation? D'un commun accord, nous avons décidé d'attendre encore un peu et de lui donner une dernière chance à l'occasion de la rentrée prochaine. D'ici là, l'aménagement de la maison "Merci Nivas" sera terminé et un hébergement gratuit sera proposé aux jeunes adolescentes qui souhaitent poursuivre des études dans d'excellentes conditions d'accueil. Rekha saura-t-elle saisir cette chance?

samedi 20 janvier 2018

Santa, le conciliateur

Décembre 2008. Santa Lopes était étudiant à la Faculté Catholique de Lyon et il avait entamé un Master en philosophie. Nous étions réunis ce soir-là pour évoquer, avec notre ami Alwyn Dias, la création de l'association et le partenariat que nous allions mettre en oeuvre avec Vimukti dans la région de Pothnal au nord du Karnataka. Au cours de cette première rencontre, il n'était pas très bavard mais déjà très attentif aux propos que nous échangions avec Alwyn. 

Lorsque nous sommes allés en Inde au printemps 2010 pour découvrir le Projet de Pothnal, il était encore en France. Il s'est intéressé au projet et il a assisté à l'Assemblée Générale qui a eu lieu cette année là à Chiroubles. En juin de la même année, il obtenait son Master en philosophie en présentant un dossier sur la non-violence, dans la lignée d'Emmanuel Mounier. Celles et ceux qui l'ont rencontré peuvent témoigner de la grande simplicité, de l'exigence intellectuelle et de la profondeur d'un homme chaleureux qui a accompagné l'association au cours de sa première année d'existence.

"Mon séjour en France a été une grâce et en même temps une grande découverte de la générosité des amis... On existe à partir d'autrui, on existe à partir du don d'autrui. c'est la beauté de la vie, c'est la vie que j'ai découverte en France et je n'oublierai jamais cette expérience précieuse, je la porterai toujours dans mon coeur... J'apprécie la générosité de chacun des amis que j'ai rencontrés et qui m'a donné son temps, son écoute et ses appréciations. Je saisis cette occasion pour vous remercier tous très vivement."



A son retour en Inde en 2011, il est nommé Directeur de l'Institut de Théologie de Mysore et il y enseigne la philosophie. Discret et mesuré, il sait écouter et entendre, car il a bien assimilé les différences culturelles entre l'Orient et l'occident. Voici ce que disait de lui notre amie Lily Jattiot:

Parlant français, anglais, hindi, il fera sans cesse le pont entre les orientaux hindous et les occidentaux que nous sommes, nous évitant bévues et maladresses toujours possibles, malgré (ou à cause de) notre bonne volonté, et tempérant aussi les ardeurs de nos hôtes indiens, pour nous permettre de souffler parfois... Tâche délicate qui lui a demandé une vigilance permanente.
Il a su nous stopper dans certains désirs d'intervention intempestives, de propositions d'aide ou de changements inappropriés... nous arrivons avec nos modèles de vie qui, plaqués en Inde, seront inévitablement voués à l'échec, des greffes maladroites qui seront rejetées...
Il a su aussi nous faire voir et sentir ce qui serait utile et adapté, mais qui ne nous serait pas forcément venu à l'esprit: rendre des visites de courtoisie, écouter des discours et en prononcer nous-mêmes, suivre un protocole qui nous échappe, afin de respecter des rituels collectifs locaux si importants pour la cohésion de la communauté, etc.
Il a traduit nos demandes, anticipé nos désirs, tout en nous laissant beaucoup de liberté d'être nous-même. Nous avons ressenti beaucoup de respect mutuel et d'affection.

Janvier 2018. Après 6 années de bons et loyaux services auprès des frères et soeurs de sa communauté, le voilà revenu pour un temps en Europe. Inscrit à l'Université de Louvain en Belgique, il y prépare un doctorat en philosophie.

samedi 6 janvier 2018

Une journée santé dans un village

COORDINATION « PARRAINAGES SANTÉ  » - UNE JOURNÉE SANTÉ  - N° 1

Zone rurale isolée dans le nord du Karnataka, la région de Pothnal est le secteur géographique choisi par Vimukti et Ensemble agissons pour développer un projet d’éducation et de santé pour les femmes, les enfants et les familles les plus démunies. Parmi les objectifs phares du Projet, le programme santé. Considérant que la santé est le bien le plus fondamental de chaque être humain, la démarche est d’associer l’infirmière, en tant que membre de l’équipe à toutes les actions du Projet et d’avancer à partir d’actions concrètes auprès des populations.


Une journée santé est organisée chaque semaine dans l’un des 16 villages du Projet .
Concrètement, une journée santé débute au siège social de Vimukti. Jecintha, animatrice expérimentée, prépare, avec Nagaratna l’infirmière, le matériel nécessaire au bon déroulement de la journée : le matériel médical, les médicaments, la bannière d’information de la journée.
Charli, l’animateur responsable du village de Malkapura, a informé au préalable les familles du village et des alentours. 40 minutes de scooter sont nécessaires pour atteindre le village de Malkapura où se déroule le programme du jour.

Nagaratna et Jecintha font équipe pour la mise en oeuvre de cette action.
Dans une petite maison, une pièce d’environ 35 m2, qui fait également office de jardin d’enfants de l’école maternelle gouvernementale, a été mise à disposition pour l’occasion. Une enseignante a préparé la venue des animateurs de Vimukti. Les femmes et enfants arrivent au fil des minutes en cette fin de matinée. Une quarantaine de femmes de tous âges et une trentaine d’enfants s’entassent dans ce petit espace .

Charli prononce quelques mots de bienvenue. Il débute cette rencontre par une information simple et claire sur les principes fondamentaux d’une alimentation équilibrée et la présentation des éléments nutritifs indispensables à une bonne santé: aliments riches en protéines, produits laitiers, céréales, fruits et légumes.

Puis, Nagaratna débute les consultations : prise de la tension artérielle, écoute des symptômes ressentis, prescription de médicaments distribués par Jecintha. Pour quelques femmes, une piqûre est nécessaire. Elle est effectuée sur le champ. Les pathologies récurrentes concernent les carences nutritionnelles, l’anémie, les douleurs articulaires et les maux de tête. Quelques poignées de céréales sont distribuées aux femmes et aux enfants avant leur départ.

Informer et mettre en oeuvre des comportements simples respectant l’hygiène fondamentale pour tendre vers une nutrition équilibrée en céréales, produits laitiers, fruits et légumes est la première étape.
Le soutien « santé » est véritablement un soutien de proximité qui vient en complémentarité des actions menées par les instances  gouvernementales.

Si vous souhaitez rejoindre le "parrainage santé", vous pouvez contacter  bernadette.leguil@gmail.com, 06 49 56 68 51 

jeudi 4 janvier 2018

La santé est la première des libertés

COORDINATION « PARRAINAGES SANTÉ  » - LES FONDAMENTAUX - N° 0  

Conçue comme un outil de communication et un lien avec les personnes engagées dans les « parrainages santé » proposés par l’association « Ensemble, agissons », cette première lettre d’information est une passerelle entre les parrains et l’équipe opérationnelle de Vimukti qui met en oeuvre des actions concrètes relatives à la santé en direction des populations les plus démunies de la région de Pothnal.

Le développement du volet santé a débuté en 2015 grâce à deux dons exceptionnels qui ont notamment favorisé le recrutement d’une infirmière au sein de l’équipe d’animateurs.

En 2016, les premiers «  parrainage santé » ont permis, à celles et ceux qui le souhaitent, de cibler leur dons mensuels en direction de la santé, en soutenant concrètement les actions réalisées sur le terrain.
La charte qui fixe les objectifs et les axes majeurs des actions, comprend trois volets fondamentaux et complémentaires en lien avec la philosophie du projet :
                                              
Repérer et Informer,
Accompagner et Coopérer,
Agir et Évaluer

«  La santé est la première des libertés »

Ce qui a été fait en 2016-2017 :
Le recrutement d’une infirmière au sein de l’équipe,
La réalisation dun état des besoins, le repérage des priorités à prendre en compte  ,
Une première information dans les écoles sur les questions d’hygiène, de prévention, le suivi médical des enfants parrainés et de leurs familles .
L’intervention de l’infirmière lors des regroupements et actions du projet (camps d’été, réunions de femmes et d’adolescentes…)
Un accompagnement des femmes enceintes

Ce qui va être réalisé en 2017-2018 :
Le développement des coopérations et des complémentarités avec les structures de santé
Le développement des permanences « santé » dans les écoles
Le développement de l’accompagnement des femmes enceintes
Une journée « Santé » par semaine dans tous les villages du projet
La  présence systématique de l’infirmière lors des regroupements et actions du projet
L’évaluation des actions réalisées en 2017

lundi 1 janvier 2018

samedi 30 décembre 2017

lundi 18 décembre 2017

47 ans au service de Swamiji, son maître jaïn


J'ai rencontré Sumitra pour la première fois en 2015. Chaque fois que je me rends à Chikkodi, je m'attarde au temple jaïn de Shanti Giri pour lui rendre une courte visite. Elle me reconnaît au premier coup d'oeil et elle s'empresse d'aller chercher un mélange épicé de sa composition, dont elle prend soin d'écarter les piments que je redoute. 

"Je m'appelle Sumitra. J'ai 80 ans. Je vis ici depuis 47 ans. Du vivant de Swamiji, mon guru, j'étais entièrement vouée à son service. Je préparais tous ses repas et je les lui portais un fois par jour. Mais cette nourriture devait être propre et pure, c'est-à-dire purifiée. Pour faire les repas, je devais aller chercher de l'eau en bas de la colline, parce que c'était de l'eau pure dont j'avais besoin pour cuisiner.  Plus d'un kilomètre et demi à parcourir, une ou deux fois par jour. Je portais la jarre d'eau sur ma tête ou sur l'épaule avant de remonter ici au temple pour préparer la nourriture. J'ai fait cela pendant 47 ans. Un dur labeur, et j'ai fini par ne plus pouvoir me redresser. J'ai travaillé comme un homme...

Ce n'est pas la quantité qui importait, mais la qualité. C'est la manière de faire, de servir le guru qui compte. Avec beaucoup d'amour et de dévotion... Ce que nous mangeons, c'est aussi de la nourriture spirituelle. Ce qui est important , c'est l'amour que nous mettons dans la préparation des repas. C'est cela qui est important...

Pendant les 47 années que j'ai passée ici, j'ai mangé uniquement ce que j'ai cuisiné. Rien qui soit venu de l'extérieur. Je ne suis jamais partie. Je n'ai jamais mangé ailleurs qu'ici. Je n'ai jamais mangé quelque chose préparé par quelqu'un d'autre. Seulement ce que je prépare...

Je me suis mariée à 15 ans, mais dès que j'ai eu 16 ans j'ai tout quitté pour venir me mettre au service de mon maître...Voyez cette photo: C'est Indira Gandhi, le premier ministre de l'Inde et là c'est Swamiji, mon guru. Je l'avais accompagné à Delhi, il y a plus de 50 ans...

Je crois à la transmigration des âmes, à la renaissance. Nous sommes des êtres vivants comparables aux animaux, aux arbres. Pour renaître il faut mener une vie pure, exempte de mauvaises intentions. Le bien et le mal font partie de notre vie mais nous devons toujours choisir ce qui est bon. Nous ne devons pas tuer, c'est la règle de l'ahimsa, la non-violence. La non violence à l'état pur. Dans la religion jaïn, on de doit pas tuer les animaux. nous sommes végétariens et nous marchons toujours pieds-nus. Nous fermons la bouche pour ne pas avaler d'insectes..."

Avec l'approche de quelques visiteurs de passage, nous quittons Sumitra en lui promettant de revenir l'année prochaine. Une femme simple et digne. Elle a consacré sa vie à son maître qui a quitté cette vie il y a 17 ans. Elle lui voue encore une vraie dévotion, jusqu'à son dernier souffle.

dimanche 10 décembre 2017

Un film jugé blasphématoire par le parti au pouvoir


Le film Padmavati, qui vient juste de sortir en Inde, suscite de nombreuses polémiques alimentées par le parti au pouvoir (BJP) dirigé par le Président Narenda Modi. Réalisé dans la plus pure tradition de Bollywood par Sanjay Leela Bhansali, ce film est inspiré du destin d'une reine indienne du Rajasthan ayant vécu à la fin du 13ème siècle, d'après un poème écrit en 1540 par un auteur soufi. Cette jeune reine, appelée Padmavati, refuse de se donner à un sultan musulman qui a envahi sa ville et se jette dans les flammes du bûcher de son époux afin de le rejoindre dans la mort.

Cette évocation de l'Inde médiévale n'est pas du goût de la frange extrémiste du BJP qui considère ce film comme un sacrilège au regard de l'histoire. A tel point que l'actrice Deepika Padukone et le réalisateur ont reçu des menaces de mort. Dans une Inde fracturée où la violence grandit depuis l'élection de Modi, il y a lieu de s'inquiéter de voir ressurgir les vieux démons qui ont fait tant de victimes dans les combats fratricides entre hindous et musulmans.


mardi 5 décembre 2017

Des sanitaires partout, pour tous et tout le temps


Plus de 700 millions d'Indiens qui ne possèdent pas de toilettes sont obligés d'aller déféquer à l'extérieur. Au cours de 8 dernières années, seules 5 % des familles ont arrêté de faire leur besoins en plein air. Comme l'explique Satish Fernandes, le directeur de Vimukti Pothnal, on se heurte à des habitudes tellement ancrées culturellement que les arguments sanitaires ne suffisent pas toujours à convaincre. Les femmes craignent d'être davantage recluses à l'intérieur de la maison et considèrent ce choix comme une atteinte à la liberté de se retrouver entre elles pour échanger à la tombée de la nuit.

"Les efforts pour accéder l'eau propre, l'hygiène sanitaire contribuent aussi à réduire la mortalité infantile et la malnutrition. Cela évite que des jeunes filles quittent l'école prématurément en raison de l'absence de toilettes". Satish Fernandes, le directeur de Vimukti Pothnal poursuit: "notre moteur, c'est de voir un village propre, équipé de toilettes pour tous, partout et tout le temps". Vimukti collabore ainsi avec les associations, les organisations non gouvernementales, les écoles pour montrer toute l'importance de l'usage des sanitaires dans les villages, en multipliant les réunions d'informations et les requêtes auprès des autorités locales et gouvernementales. 152 familles ont ainsi rempli un dossier qu'ils ont remis en mains propres aux autorités pour recevoir l'argent nécessaire à la construction de toilettes. Si tout va bien, elles pourraient bénéficier de cette aide en Janvier prochain.