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lundi 18 décembre 2017

47 ans au service de Swamiji, son maître jaïn


J'ai rencontré Sumitra pour la première fois en 2015. Chaque fois que je me rends à Chikkodi, je m'attarde au temple jaïn de Shanti Giri pour lui rendre une courte visite. Elle me reconnaît au premier coup d'oeil et elle s'empresse d'aller chercher un mélange épicé de sa composition, dont elle prend soin d'écarter les piments que je redoute. 

"Je m'appelle Sumitra. J'ai 80 ans. Je vis ici depuis 47 ans. Du vivant de Swamiji, mon guru, j'étais entièrement vouée à son service. Je préparais tous ses repas et je les lui portais un fois par jour. Mais cette nourriture devait être propre et pure, c'est-à-dire purifiée. Pour faire les repas, je devais aller chercher de l'eau en bas de la colline, parce que c'était de l'eau pure dont j'avais besoin pour cuisiner.  Plus d'un kilomètre et demi à parcourir, une ou deux fois par jour. Je portais la jarre d'eau sur ma tête ou sur l'épaule avant de remonter ici au temple pour préparer la nourriture. J'ai fait cela pendant 47 ans. Un dur labeur, et j'ai fini par ne plus pouvoir me redresser. J'ai travaillé comme un homme...

Ce n'est pas la quantité qui importait, mais la qualité. C'est la manière de faire, de servir le guru qui compte. Avec beaucoup d'amour et de dévotion... Ce que nous mangeons, c'est aussi de la nourriture spirituelle. Ce qui est important , c'est l'amour que nous mettons dans la préparation des repas. C'est cela qui est important...

Pendant les 47 années que j'ai passée ici, j'ai mangé uniquement ce que j'ai cuisiné. Rien qui soit venu de l'extérieur. Je ne suis jamais partie. Je n'ai jamais mangé ailleurs qu'ici. Je n'ai jamais mangé quelque chose préparé par quelqu'un d'autre. Seulement ce que je prépare...

Je me suis mariée à 15 ans, mais dès que j'ai eu 16 ans j'ai tout quitté pour venir me mettre au service de mon maître...Voyez cette photo: C'est Indira Gandhi, le premier ministre de l'Inde et là c'est Swamiji, mon guru. Je l'avais accompagné à Delhi, il y a plus de 50 ans...

Je crois à la transmigration des âmes, à la renaissance. Nous sommes des êtres vivants comparables aux animaux, aux arbres. Pour renaître il faut mener une vie pure, exempte de mauvaises intentions. Le bien et le mal font partie de notre vie mais nous devons toujours choisir ce qui est bon. Nous ne devons pas tuer, c'est la règle de l'ahimsa, la non-violence. La non violence à l'état pur. Dans la religion jaïn, on de doit pas tuer les animaux. nous sommes végétariens et nous marchons toujours pieds-nus. Nous fermons la bouche pour ne pas avaler d'insectes..."

Avec l'approche de quelques visiteurs de passage, nous quittons Sumitra en lui promettant de revenir l'année prochaine. Une femme simple et digne. Elle a consacré sa vie à son maître qui a quitté cette vie il y a 17 ans. Elle lui voue encore une vraie dévotion, jusqu'à son dernier souffle.

mardi 13 juin 2017

Créer du lien

J'ai eu le bonheur d'entendre Abdennour Bidar (philosophe nourri du Soufisme) le week-end dernier lors d'une conférence en Ardèche. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ses pistes de réflexions qui offre des perspectives encourageantes malgré la morosité ambiante.

Un tisserand est un artisan qui tisse divers types de fils pour en faire des étoffes  en tapisserie. 
Ces tisserands oeuvrent notamment dans trois directions complémentaires et convergentes:
1. le lien retrouvé avec notre moi le plus profond, source de vitalité et d'inspiration créatrice
2. le lien retrouvé avec autrui, dans le partage équitable, la tolérance et la coexistence pacifique
3. le lien retrouvé avec la nature, fait d'émerveillement, d'éveil à la puissance de la Vie, et de symbiose
L'ensemble forme ce que j'appelle le Triple lien (à soi, à autrui, à la nature). Il y donc trois grandes familles de tisserands: celle du lien intérieur, celle du lien social, celle du lien écologique. Leur engagement complémentaire est fondamental parce que la "mère" de toutes les crises que connaît actuellement notre civilisation humaine est la menace d'une Déchirure du monde...

De toute urgence, nous avons besoin que les Tisserands se multiplient indéfiniment, qu'ils partagent et propagent le plus possible la conscience du sens de leur lutte. Nous avons besoin de réaliser l'union d'une grand conscience tisserande, d'une grande cause tisserande puissante et rayonnante, grâce à laquelle l'évolution globale du monde humain va pouvoir basculer du coté d'une réparation générale de tous les liens de solidarité, de fraternité, de symbiose...

Cyril Dion, l'auteur de Demain, parle justement de ceux que j'appelle Tisserands: "Construire du sens, de l'enthousiasme, des histoires, qui parlent aussi bien à  nos intelligences qu'à nos coeurs"...

Comment agir? Avec qui? La réponse est simple. Partout où un lien s'est rompu, et avec tous ceux qui s'en indignent. Que chacun entreprenne donc de lutter là où il est, dans chaque quartier, chaque commune, chaque association ou milieu professionnel, chaque pays, chaque culture...

Tout ce qui nous relie nous rend plus forts. Alors soyons, chacun à notre manière, les artisans d'un monde plus juste, plus humain, plus fraternel, plus soucieux du monde qui nous abrite. Soyons, nous aussi, des Tisserands et des relieurs.

mercredi 20 avril 2016

Une utopie nommée Auroville

Auroville ("la ville de l'Aurore") est située à une dizaine de kilomètres au Nord de Pondichéry. Ce lieu de vie communautaire à vocation universelle, où les hommes et les femmes apprendraient à vivre en paix, sans appartenance à une religion, a été créé  en 1968 sur un site désertique par une française connue sous le nom de la Mère et compagne spirituelle de Sri Aurobindo. Un Projet utopique soutenu dès le début par l'Unesco.


Voici comment la Mère parlait du projet en 1972: "Il doit exister sur Terre un endroit inaliénable, un endroit qui n'appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde".

Une charte en quatre points exprime sa vision de la ville:


Auroville a été conçue pour accueillir 50 000 habitants par l'architecte français Roger Anger selon un plan particulier qui prévoit quatre zones sur une surface de 20 km2 (internationale, culturelle, industrielle, résidentielle) en forme d'une galaxie spirale. Au centre se trouve le Matrimandir en forme de géode, l'âme véritable du lieu, consacré à la méditation. Ici règne une apparente sérénité. Autour de ces quatre zones s'étend un poumon vert de 1,25 km de rayon, regroupant fermes biologiques, vergers, forêt, habitat protégé pour la faune, énergies renouvelables, médecines douces etc.



Aujourd'hui, Auroville accueille une population internationale de plus de 2 000 résidents appartenant à 50 nationalités différentes. Un statut particulier leur octroie un visa d'un an renouvelable. Tous les biens immobiliers sont la propriété de la fondation Auroville même si pour occuper une maison existante, il faut faire don à la fondation du montant équivalent à sa valeur. Par contre, éducation, soins médicaux, culture et activités sportives sont gratuits. Ceux qui ne disposent pas de revenus touchent une allocation de 5 000 roupies par mois (70 € environ) compensée par les recettes générées par l'hébergement des invités, la vente d'objets artisanaux et de vêtements, la fabrication d'encens etc.

Vivre à Auroville suppose donc un véritablement engagement et un choix de vie radical. L'utopie est à ce prix. Auroville a en tous cas le mérite d'exister comme une parenthèse où un autre mode de vie est peut-être possible. Notre présence dans ce lieu pendant une journée n'a pas permis d'en juger.

mercredi 13 avril 2016

Tiruvanamalaï, la ville sainte

J'ai souvent entendu Arnaud Desjardins et Lee Lozowick parler de Tiruvanamalaï. Et mes amis Alain et Corinne accompagnent régulièrement des groupes dans cette ville sainte située dans l'Etat du Tamil Nadu, sur la route de Bangalore à Pondichéry. Alors cette année, avec mes amis, nous avons décidé de faire une halte à Tiruvanamalaï avant de rejoindre Pothnal.


Tiruvanamalaï doit son nom Annamalaï hills, dont le temple imposant dédié à Shiva marque le coeur de la ville avec son gopuram de plus de 60 mètres. Nous avons eu la chance de le visiter un dimanche de Janvier et de nous fondre au milieu des pèlerins, des brahmanes et des sadhus venus par dizaines pour rendre hommage au dieu Shiva. (cf. post du 5 mars 2016). Selon la mythologie hindoue, Shiva s'y serait manifesté sous la forme d'une colonne de lumière dont Brahma et Vishnu auraient cherché en vain la couronne et les pieds. Chaque année lors de la grande célébration dédiée à Shiva, le haut de la montagne s'illumine sous l'effet des tonnes de ghee, beurre fondu, transporté au sommet à dos d'homme, qui y brûle la nuit entière.


Juste derrière le temple, se dresse la colline d'Arunachala (la montagne rouge), considérée comme une colline sainte par ceux qui pratiquent le "Qui suis-je?" selon la formule célèbre du sage Ramana Maharshi. Celui-ci vécut l'expérience de l'Illumination et de Réalisation du Soi à l'âge de 16 ans. Il s'installa à Tiruvanamalaï  où il passa  toute sa vie en tant qu'ascète plongé dans la divine Félicité, jusqu'à sa mort en 1950. L'ashram qu'il fit construire au pied de la montagne est aujourd'hui un lieu de pèlerinage pour des visiteurs du monde entier inspirés par son exemple. Un petit sentier peuplé de singes conduit directement aux deux grottes creusées dans la montagne où il séjourna de nombreuses années dans le dénuement le plus complet. Sa présence est toujours perceptible et invite à l'expérience indicible du divin.


Arunachala, la montagne sacrée, qui domine la ville à 814m est aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage pour des milliers de pèlerins qui font le tour de la montagne, pieds nus, pour, selon la légende, se débarrasser du karma négatif, se libérer du cycle des renaissances et atteindre la révélation divine. Ici et là, ils s'arrêtent pour méditer ou faire des offrandes sur les petits autels qui jalonnent le parcours de 14 kilomètres... Ne dit-on pas que Shiva se manifesta comme la colline d'Arunachala en déclarant" Tout comme la lune tire sa lumière du soleil, d'autres lieux saints devront tirer leur caractère sacré d'Arunachala. C'est le seul endroit où j'ai pris cette forme pour le bénéfice de ceux qui veulent m'adorer et obtenir l'illumination spirituelle. Arunachala est OM incarné. J'apparaîtrai sur le sommet de cette colline chaque année sous la forme d'un phare signifiant la paix". Au milieu des dévôts venus adorer Shiva se pressent également des chercheurs spirituels en quête de la recherche du Soi et adeptes de l'Advaïta (non dualisme) dont Arunachala est le Centre.


C'est dans cette ville sacrée, qu'a vécu aussi, de 1959 à 2001, le Yogi Ramsuratkumar, (disciple de Shri Aurobindo et de Ramdas) le maître de Lee Lozowick. Un ashram plus modeste continue de perpétuer sa mémoire.

samedi 5 mars 2016

Rencontre avec un Sadhu à Tiruvanamalaï


Ils sont quatre à cinq millions. On les croise un peu partout en Inde, dans les villes comme à la campagne. Avec leur bâton de pèlerin, vêtus d'un longhi ou d'une simple tunique couleur safran ou blanche selon qu'ils sont shivaïtes ou vishnouïtes, ils sillonnent les routes et ne possèdent rien. Ce sont des renonçants, des hommes (et parfois des femmes) qui ont quitté la vie sociale ordinaire pour se consacrer à la recherche de l'absolu qui doit les conduire, selon la tradition hindoue, à la moksha, la libération. Ils portent une longue chevelure, et sur le front, il arborent le trident symbolique, le tilak, qui représente l'anéantissement de l'égoïsme, du désir et de l'illusion. Ils pratiquent le yoga, la méditation, ils récitent des mantras, ils font voeu de silence, d'abstinence sexuelle et se livrent souvent à des mortifications. Ils enduisent aussi parfois leur corps de cendres recueillies sur les lieux de crémation, symbole de renaissance. La plupart ont choisi ce mode de vie par conviction. D'autres y ont été poussé pour des raisons diverses: fuir leur caste et la misère, échapper à l'infamie du veuvage (pour une femme). Mais ils sont respectés par la population qui leur donne de la nourriture (nourrir un sadhu, c'est s'attirer ses bénédictions) et qui les considère comme des "saints hommes".

jeudi 8 octobre 2015

La Puja

La Puja est un rite d'offrande et d'adoration présent dans l'Hindouisme, le Boudhisme et le Jaïnisme.


Dans la tradition hindoue, temples et maisons ont tous leurs autels avec des statues et des images représentant le dieu ou la déesse du lieu (Krishna, Laksmi, Ganesh sont les plus représentés). Le brahmane (ou le chef de famille) invoque la divinité au son du tintement d'une clochette. L'autel est orné de lampes et de bougies odorantes. Des fleurs fraîchement cueillies, des fruits et des sucreries, de l'encens sont offerts à la divinité et l'on récite des mantras en langue sanskrite. Dans les moments plus solennels, ce rituel s'accompagne de processions et de musiques.

L'acte d'offrande est un acte quotidien qui le situe dans l'ordre du monde. Il accomplit ce qui lui est demandé de faire là où il naît, car la naissance est le résultat des actes passés. Chacun est responsable de sa destinée et peut peser son son destin. Les hindous croient que la statue (ou l'image représentant la divinité) dégage une énergie (Shakti) à la hauteur de la dévotion qu'il lui accorde.


Dans le Jaïnisme, l'on vénère la statue des Tirthankara, maîtres jaïns pris comme des lumières car ils ont atteint l'état d'omniscience  et peuvent transmettre le chemin de l'illumination.
Dans le Bouddhisme, ce rituel exprime la gratitude envers le bouddha.

vendredi 25 septembre 2015

La fleur de lotus


Le lotus est la fleur nationale de l'Inde. Plante aquatique cultivée depuis plus de 2 000 ans, elle pousse dans les eaux troubles, puise sa substance vitale dans la boue pour s'épanouir au-dessus de l'eau. Ses feuilles arrondies peuvent mesurer jusqu'à 50 cm de diamètre. La fleur, de couleur blanc rosé, porte une vingtaine de pétales. Le fruit jaune d'or ressemble à une pomme d'arrosoir avec des alvéoles.


La fleur de lotus occupe une place particulière dans l'art et la mythologie indienne. Fleur sacrée pour les hindous, elle représente l'être, la pureté du coeur et de l'esprit. Elle symbolise la divinité, la fertilité, la richesse, la connaissance et l'illumination. Elle est également un symbole de création. C'est dans un lotus, rattaché au nombril de Vishnu, qu'est né Brahma, qui signifie littéralement "né d'un lotus". La déesse Laksmi, née du barattage de la mer de lait, tient un lotus dans chacune de ses mains. Saraswati est assise sur un lotus blanc. 

Dans les religions orientales, les divinités sont représentées sur un trône en fleur de lotus. Dans le bouddhisme, le lotus, qui pousse dans la boue et la vase pour donner une fleur d'une exquise beauté, dépeint la nature de Bouddha. 

Dans la pratique du yoga ne dis-t-on pas "s'asseoir en lotus ou demi-lotus" pour désigner la position assise, jambes repliées devant soi pour maintenir la verticalité du corps.

Il ne faut pas confondre la fleur de lotus et la fleur de nénuphar aux pétales plus nombreuses et plus allongées. La fleur de nénuphar possède de nombreuses étamines tapies dans le creux de son réceptacle et ses feuilles restent à la surface de l'eau.


mardi 22 septembre 2015

Aum

Aum ou Om est un symbole sacré de l'hindouisme. On le considère comme le son originel et primordial à partir duquel l'Univers se serait structuré. Il est la source de l'existence. Il représente la trinité hindoue.
A, en sanskrit, représente le commencement, la naissance et le dieu créateur Brahma
U, en sanskrit, représente la continuation, la vie et le dieu Vishnu
M, en sanskrit,  signifie la fin, la mort et le dieu destructeur Shiva

Aum sculpté dans le marbre dans un temple Jaïn près de Chikkodi

Aum peint sur le mur d'une maison du village d'Udbal, près de Pothnal

Dans les Upanishads (textes sacrés hindous), la syllabe est décrite comme l'arc qui lance la flèche du soi (atman) vers la cible de l'absolu (le brahman). C'est la syllabe unique et éternelle dont tout ce qui existe est un développement ; le passé, le présent, le futur sont tous inclus dans ce son unique.

Le son Aum est aussi utilisé comme mantra dans l'Hindouisme, le Bouddhisme et le Jaïnisme. C'est une incantation spirituelle que l'on répète au cours des pujas et des cérémonies de passage, tels que les mariages. Utilisé dans les méditations yogiques, il permet d'atteindre l'état de non-pensée. Dans la vie quotidienne, il est souvent porté en pendentif autour du cou, tatoué sur une partie du corps ou présent au début d'un courrier ou d'une page d'examen. Il est représenté dans les temples et les maisons.

lundi 7 septembre 2015

L'altruisme n'est pas un luxe mais une nécessité




Moine bouddhiste depuis plus de quarante ans, Matthieu Ricard expérimente les vertus de l'altruisme au quotidien. Avec le sens de la pédagogie et l'optimisme qu'on lui connaît, il nous démontre que l'altruisme n'est pas une utopie, mais une nécessité et une urgence et qu'il s'impose comme une des solutions aux impasses de notre monde contemporain.

dimanche 24 mai 2015

Le Yoga, un chemin vers la spiritualité



Après avoir institué un ministère du Yoga en Inde, le Premier Ministre Indien, Narendra Modi a fait passé l'idée auprès de l'Organisation des Nations Unies d'organiser une Journée Internationale du Yoga le 21 Juin. Pratiqué par plus de 250 millions d'adeptes à travers le monde (et par plus d'un million en France) sous les formes les plus variées, le Yoga consiste avant tout  à effectuer une introspection et un travail sur soi afin de se destiner à être mieux avec soi-même et avec les autres dans le monde actuel. C'est aussi pour le plus grand nombre un chemin vers la spiritualité. Gageons que cette bonne idée soit utilisée à des fins qui puissent apporter plus de paix et d'humanité dans un monde qui en a tant besoin.