mercredi 10 mars 2010

De Tamanrasset à Pothnal


Algérie novembre 2008. Tamanrasset, fin de notre périple dans le désert du Hoggar. Avons-nous trouvé ce que nous étions venus chercher? Savions-nous exactement ce que nous cherchions dans le tréfonds de notre âme? Le désert apporte la réponse. L'absence de pollutions, les feux qui brûlent les déchets, tout concourt au grand nettoyage. Le désert nettoie, le désert purifie le corps mais aussi le mental. Il aide à faire le vide en soi. Il permet l'abandon. Entre ciel et terre, seul au milieu des étoiles, on ne peut garder que l'essentiel. La vie et la mort se confondent pour éclairer l'unique instant, l'instant présent.

Inde février 2010. Un bus fonce dans la nuit à grands coups de klaxons. Nous débarquons au petit matin dans la petite gare routière de Raichur. Bruit, pollution, agitation, poussière, rickshaws, motos, vélos, charrettes, chiens, vaches, cochons, hommes, femmes, enfants, marchands ambulants, ici règne la cacophonie et un apparent désordre. Trente kilomètres d'une route cahoteuse nous séparent encore de Pothnal. C'est dans ce petit village isolé du Nord du Karnataka que nous allons vivre un trop bref séjour orchestré par des hôtes attentionnés, l'équipe de Vimukti, à la rencontre des habitants des 14 villages appartenant au projet soutenu par l'association.

Deux périples qui peuvent apparaître comme aux antipodes l'un de l'autre. D'un coté, le silence et la paix, de l'autre le tumulte et le tourbillon de la vie. Deux aventures humaines étroitement liées, au-delà des apparences, par un fil conducteur qui tisse patiemment sa toile d'un continent à l'autre, en route vers l'orient de l'être, au plus profond de l'intime. Etre en accord avec soi-même pour être disponible aux autres. Avec la même exigence, la même rigueur et la même simplicité.

Nul ne possède la vérité, chacun la recherche dans un long cheminement. Le bonheur de la rencontre, du partage, et la capacité créative que nous développons dans un contexte inhabituel avec des personnes différentes, sont au coeur de l'engagement dans l'action humanitaire. C'est en donnant que l'on reçoit. Chacun apprend de l'autre, le reconnaît dans sa différence. Chanter "Sur la place" de Brel devant une centaine de jeunes indiens de vingt ans, aux yeux écarquillés, tient peut-être de l'audace mais procure un véritable enchantement.