mercredi 17 mars 2010

Un parrain comblé


Lorsque j'ai pris la décision de parrainer un enfant en Inde, en juin 2004, Vishalakshi, ma filleule, avait alors 8 ans. C'est une adolescente de 14 ans qui nous a chaleureusement accueilli, un rose à la main, lors de notre visite à Ugire, son village natal, au mois de février 2010. Selon la tradition indienne, elle pourrait être l'objet d'un mariage arrangé, sans aucun espoir d'avenir. Grâce à notre soutien indéfectible et au Projet de développement local auquel elle et sa famille ont adhéré, elle peut envisager de poursuivre ses études. Elle aimerait s'orienter vers une profession de santé. En fonction de ses résultats scolaires, elle deviendra aide-soignante, infirmière et pourquoi pas médecin.

Quand nous l'avions rencontré la première fois, en 2007, nous avions été bouleversé par l'extrême dénuement de son habitation. Son père, Krishnappa, un coolie, sa mère, Monamma, ses deux frères, Diwakar et Prasad, nous avaient reçu avec simplicité et générosité dans une modeste masure très sombre au milieu de laquelle trônaient un banc, deux chaises et une ampoule suspendue à des fils entrelacés. Trois ans plus tard, la maison a été repeinte, la toiture a été réparée, des ouvertures ont été aménagées pour offrir plus de confort et de lumière. L'électricité fonctionne, le téléphone a fait son apparition et le robot électrique permet de préparer des repas frugaux plus diversifiés.


Pendant les deux journées où nous sommes restés à Ugire, nous avons été pris en charge par l'équipe du Capucin Krishik Seva Kendra rencontrée lors de notre premier séjour. Quel bonheur de revoir ces hommes et ces femmes qui accompagnent le programme d'éducation et de santé, mis en oeuvre en 1999, et qui rassemble aujourd'hui 2 540 membres appartenant à 30 villages (dont 591 enfants parrainés). Hilda, Vinod et Babitah nous ont accompagné dans les écoles. "Namasté, we are very happy to meet you" ont entonné d'une même voix les enfants dont la langue maternelle est le kannada. Les enseignants avaient préparé des chants et des danses locales pour la circonstance. Nous leur avons rendu la pareille en reprenant, en choeur ou en canon, les indémodables "A la claire fontaine" ou "Frères Jacques". Nous avons rencontré des artisans qui excellent dans l'art de la poterie. Nous avons respiré le parfum de la fleur de jasmin dans un jardin sauvage. Nous avons rencontré un groupe de femmes très actives, familières du micro-crédit. Nous avons échangé des cadeaux avec Vishalakshi et sa famille qui reçoit notre aide comme un bénédiction des dieux de l' hindouisme.

Et c'est le coeur rempli d'émotion, à laquelle se mêlait une joie profonde, que nous avons repris la route vers Bangalore, avec la certitude que nous reviendrons l'année prochaine, pour revoir celles et ceux qui font désormais partie de notre grande famille.