La Fête culturelle des enfants a été préparée par Arun Lobo et son équipe. Plus de 400 personnes (en grande majorité des enfants venus des villages voisins mais aussi des enfants des rues) sont regroupés pour la circonstance sous une grande bâche maintenue par des piquets de bois. La terrasse et les colonnes en ciment ont été repeintes la veille en jaune et vert par une équipe de jeunes garçons.
Dans une ambiance de kermesse, les enfants présentent devant les jurys les dessins, les scènes de théâtre, les monologues, les chants et les danses traditionnelles qu'ils ont longuement préparés. Bernadette prête son concours en tant que spécialiste de la danse. En cette saison la température est agréable (25 à 30°) et chacun va d'un groupe à l'autre, emmagasinant photos et souvenirs. Les enfants ont mangé avec appétit une ration de riz préparée dans de grandes marmites à l'ombre d'un arbre.
Des personnalités locales et régionales ont été invitées pour célébrer l'événement. Dans un message d'introduction, Arun Lobo rappelle l'urgence et la nécessité de l'éducation pour construire un meilleur avenir pour les enfants. "Ce programme ne serait pas possible sans le concours et la générosité de l'association ensemble, agissons. Chaque petite goutte d'eau participe de l'océan". Des jeunes filles nous remettent des couronnes de fleurs. Une lampe a huile a été allumée et placée au milieu de la scène. Bernadette participe à l'envol d'une colombe.
J'ai l'honneur d'inaugurer le "Child friendly programmes". Mon discours, cent fois répété dans ma tête, est relayé par Arun qui en fait la traduction en kannada. Il s'ouvre sur la métaphore de l'enfant et des étoiles de mer. Je mets en avant les objectifs de l'association. "Nous partageons les mêmes valeurs: humanité, générosité et solidarité. Nous sommes ici aujourd'hui pour célébrer notre assistance mutuelle."
Les dignitaires, tour à tour, témoignent de l'importance du travail à réaliser dans cette région très isolée du Karnataka. Nous distribuons les récompenses aux lauréats, saluant au passage leur mérite. Des groupes d'enfants investissent à nouveau la scène pour présenter des danses locales. Les musiques font vibrer les haut-parleurs placés à l'avant-scène. A l'arrivée de tracteurs, parents et enfants prennent place dans les remorques. "what's your name?", "bye, bye", crient-ils en agitant les mains tandis que le cortège s'éloigne à la tombée de la nuit.
En fin de soirée, j'adresse un mail et une photo au correspondant du "Progrès". Cet événement est relaté dans les colonnes du journal quelques jours plus tard.