Après le traditionnel défilé de Ganesh, ses rituels bon enfant marqués de religiosité, place au Bharatanatyam, la danse classique de l'Inde.
Le Bharatanatyam est probablement la plus ancienne forme de danse indienne. Le Tamil Nadu, l'Andra Pradesh et le Karnataka en sont les foyers de conservation. Les devadasis (les servantes de Dieu dédiées au Temple) magnifiaient cette danse empreinte de spiritualité jusqu'au jour où elles tombèrent en disgrâce et dans la pauvreté, faisant d'elles des parias (des courtisanes) dans une société qui les avait tenues en si haute estime.
Longtemps décrié, le Bharanatyam a été réhabilité et a retrouvé droit de cité dans les écoles et conservatoires jusqu'à devenir la plus populaire des formes de danse classique. Originellement le Bharatanatyam était transmis de manière orale par le guru qui était aussi un guide philosophique. Aujourd'hui de nombreux professeurs n'ont plus cette qualité et le chemin philosophique (comme pour le yoga) n'est plus leur apanage.
L'élève apprend d'abord les pas de danse fondamentaux (mouvements de la tête, des mains, de la poitrine, de la taille, du postérieur et des jambes, des épaules, des bras, de l'estomac, des cuisses et des genoux, des yeux, des sourcils, des prunelles, des joues, du nez, des gencives, de la lèvre inférieure, des dents, de la langue, du menton et du visage. Une gestuelle très complexe qui nécessite un lent et long travail pour parvenir à un équilibre et à une coordination entre les diverses parties du corps. Puis viennent des rudiments de chorégraphie avant de se lancer dans une danse contenant un thème ou un élément narratif qui requiert une expression faciale et corporelle. L'amour, la compassion, le rire, la colère, la vaillance, la peur, le dégoût, l'étonnement et la paix, constituent la base des 9 sentiments ou états psychologiques qui permettent à la danseuse de communiquer sur la scène avec son public. La tenue de scène, les bijoux, le maquillage, la coiffure, les costumes participent du coté séduisant et fascinant du Bharatanatyam. Ils visent à rehausser la beauté, le charme et la valeur esthétique de la danse.
Mais il faudra encore bien des années avant que l'interprète atteigne un haut niveau de compréhension du Bharatanatyam qui se confond aussi avec la musique carnatique.
(D'après "Bharatanatyam, la danse classique de l'Inde" par Manjula Lusti-Narasimhan (Musée d'ethnographie de Genève)