L'individu humain n'est pas pour l'hindou le centre de l'univers. Il a seulement une place assignée comme tous les autres êtres dans l'ordre cosmique et tout son devoir consiste à rester à sa place, à faire ce qu'il faut pour être un vrai brahmane, s'il est né brahmane ou un vrai cultivateur s'il est né en milieu rural. C'est là en particulier l'enseignement fondamental de la Bagavadgîta, cet évangile de l'hindou, un des plus beaux textes de la littérature religieuse de l'Inde.
On ne peut, dans la connaissance de l'hindou, séparer son adhésion au système des castes de sa croyance à la réincarnation, à des réincarnations innombrables, sans commencement, quoiqu'elles puissent avoir une fin. Cette théorie du Samsarâ, le cycle des naissances est la dimension temporelle du dharma. Chacun de nos actes se prolonge par le mérite ou le démérite qu'il nous aura acquis et la vérité se mesure à la conformité de l'acte à l'ordre cosmique. Si donc l'hindou accomplit son devoir de brahmane, il renaîtra comme brahmane ou mieux encore; sinon il renaîtra dans une caste inférieure. Ici il est tout naturel de penser que l'individu actuel n'est qu'un maillon dans une chaîne infinie de renaissances. Dans cette logique chacun est responsable de sa propre destinée. L'action est faite par celui qui veut en recueillir les fruits. On ne peut faire abstraction de cette vision du monde si l'on veut tenter de comprendre aujourd'hui les résistances de certains à s'approprier leur avenir et à justifier le système des castes malgré leur abolition. La révolution de l'esprit est encore à réaliser.
Le chakra d'Ashoka qui se trouve au centre du drapeau de l'Inde est la roue de la loi du dharma. Elle exprime le mouvement de la vie et la dynamique du changement. La couleur safran signifie la renonciation et le désintéressement. Le blanc symbolise la lumière, le chemin de vérité et le vert la relation avec mère nature.
