lundi 21 mai 2012

Splendeurs et misères de Goa


En juillet 1497, Vasco de Gama quitta Lisbonne avec l'espoir d'ouvrir une nouvelle route commerciale vers l'Inde et les îles aux épices. Le 20 mais 1498, il mouilla au large de Calicut, au nord du Kerala. Cette première expédition vers l'Orient inaugura cinq siècles de domination portugaise en Asie. La forteresse du Fort Aguada en est un exemple imposant. Avec un population de 1,5 million d'habitants  et une superficie de 3 702 km2, Goa est le plus petit des Etats indiens. Bien que jalonné d'une multitude d'églises, seuls 30% de ses habitants sont de confession chrétienne, tandis que 64% appartiennent à l'hindouisme. La pêche constitue la principale activité économique de la Province et les étals de poissons retiennent le chaland. Les cultures principales sont le riz, les noix de coco et de cajou.


La Province de Goa est une enclave particulière dans le monde indien dont Panaji est la Capitale. A 9 kms environ de Panaji se trouve Old Goa, la capital portugaise de jadis. Les cathédrales désertées qui hantent les berges de la Mandovi font de cette ville le principal site historique de l'Etat. Son architecture coloniale ne peut laisser indifférent. Eglises, monastères, couvents vieux de plusieurs siècles sont autant de hâvres de paix quand la chaleur s'installe.  En 1835, le gouvernement portugais ordonna la dissolution des ordres religieux, provoquant l'éparpillement de la communauté chrétienne et l'abandon des ses églises. La cathédrale de Sé, construite en 1562, d'un blanc éclatant, est l'un des monument les plus imposant de l'empire portugais. L'église attenante de Saint François d'Assise est sans aucun doute la mieux préservée. Les innombrables sculptures en bois et les magnifiques peintures murales qui retracent la vie du saint évoquent des temps à jamais disparus. La basilique du Bom Jesus, érigée par les jésuites, abrite le tombeau de saint François  Xavier, la relique la plus vénérée de Goa. La dépouille sacrée repose dans un sarcophage en argent massif. Il faudrait encore cité le couvent Ste Monique qui abrite aujourd'hui un centre d'études théologiques pour moniales. Flâner dans Old Goa est sans doute l'expérience la plus agréable. La plupart des maisons datent du début du XIXème siècle et un réseau d'étroites ruelles relient entre elles les trois avenues qui la compose. Le bord de mer défiguré par des constructions modernes ne réussit pas à ternir le charme de son atmosphère désuète.


Au Nord comme au Sud les longues plages de sable fin attirent les touristes venus du monde entier pour goûter aux plaisirs d'une villégiature et du farniente dans des hôtels de luxe pour un prix dérisoire. La côte n'a sans doute plus rien à voir aujourd'hui avec le petit paradis qui attira les premiers hippies. Il est vrai que le spectacle des petits villages construits en retrait du bord de mer à l'abri de palmeraies donne parfois l'impression d'un petit paradis tropical intact, mais le tourisme de masse ne l'a pas épargné. Tout le long des côtes, les bandes sableuses sont garnies d'un chapelet de gargotes en tous genres, restaurants, étals de vêtements, de souvenirs, de bijoux, vendeurs ambulants proposant fruits et jus frais jusqu'aux masseurs offrant de soulager tensions et douleurs. En fin d'après-midi les ruelles sont bondées de touristes et de familles qui viennent se remettre les pieds dans l'eau. Ces mêmes touristes fuient les plages avec l'arrivée de la mousson qui n'invite guère à la baignade. Sur la plage, au milieu des femmes en saris et des enfants qui découvrent les plaisirs de la baignade, il est possible, pour un prix dérisoire, de pratiquer le ski nautique ou d'autres sports aquatiques.