jeudi 20 février 2020

Un pluralisme religieux très particulier

Avec plus d'un milliard de croyants et une infinitude de dieux et de déesses, il est parfois difficile de s'y retrouver et d'appréhender le fait religieux en Inde. Et pourtant il occupe une place prépondérante dans le quotidien des indiens, que ce soit à la maison, au travail et dans la politique car religion et vie sociale sont étroitement liés. L'option athée n'existe d'ailleurs pas sur les visas et il convient de respecter les codes et les traditions lorsque l'on se rend dans un lieu de culte.


Dans les villages, les temples hindous sont omniprésents. Parfois ils côtoient la mosquée dont le chant du muslim est perçu à des kilomètres à la ronde ou l'église dont les cloches retentissent parfois le dimanche. En moins d'un kilomètre, nous pouvons faire le tour des principales religions qui cohabitent en Inde depuis des siècles.

L'hindouisme rassemble le plus grand nombre (près de 80% de la population), l'islam vient au second rang (avec 14%). Suivent le christianisme (2,5%), le sikhisme (2%) et d'autres courants minoritaires tels que le jaïnisme ou le zoroastrisme.

Partout où nous nous déplaçons en Inde, nous croisons sur les routes ou dans les villages des croyants  qui se dirigent vers le temple les bras chargés de fleurs, de fruits ou de noix de coco qu'ils offriront aux dieux et aux déesses lors des rituels (pujas) et festivals qui jalonnent le calendrier tout au long de l'année. Drappée dans leur plus beau sari, les femmes aux longs cheveux noirs, arbore le bindi rouge sur le front et aux cotés de leur mari murmurent des prières et des invocations. Car ici la religion s'apparente aussi à une philosophie de vie définie par la notion de karma (la somme de ce qu'un individu a fait tout au long de sa vie conditionnera sa réincarnation).

Les politiques savent toute l'importance que la population accorde à la religion et ils n'hésitent pas  à afficher clairement leur appartenance religieuse lors des campagnes électorales  pour gagner des voix. Le Président Modi n'est-il pas lui même issu du BJP, parti nationaliste hindou qui soutient l'hindutva, une idéologie qui veut rétablir l'hégémonie des hindous sur toutes les autres religions?

Si la Constitution indienne protège les minorités contre les discriminations basées sur la religion ou la caste, dans la réalité quotidienne nombre de ces principes sont bafoués et les tensions entre les communautés restent très vives, notamment entre hindous et musulmans, mais les autres religions ne sont pas épargnés pour autant au point de mettre en place une loi anti-conversion. Chacun est libre de vivre sa religion mais considère que la sienne est la meilleure.