Au Nord du Karnataka, à quelques heures de Pothnal, se trouve le site de Hampi. Du dernier grand royaume hindou, celui de Vijayanagar qui atteignit son apogée au 16ème siècle, d'une ville aussi florissante que Rome sous l'empire, il ne reste aujourd'hui que des ruines, exhumées lentement au milieu des pierres, des champs de bananiers, des jardins, des bambouseraies. Ce royaume puissant (l'empire contrôlait le commerce régional de coton et d'épices) abrita plus de 300 000 âmes pendant plus de deux siècles. Et, après cent victoires sur les envahisseurs musulmans, il connut la défaite définitive et l'anéantissement, en 1565. La fureur criminelle écrasa les bazars, les palais, les bassins, les salles de danse et les fleurs.
La ville abandonnée nous offre aujourd'hui ses vestiges. Enroulée autour des collines, elle se divise en deux, la ville sacrée (les temples) et la ville royale (les palais). Les pierres sont disposées en murs, selon des ajustements qui rappellent les techniques pré-colombiennes. Partout des danseuses de pierre et des musiciens, des colonnes qui résonnent sous les doigts quand on y colle l'oreille, des sculptures où selon que nous cachons avec nos mains telle ou telle partie de la sculpture, on voit une grenouille, un serpent ou un éléphant. Un jeu de métamorphoses où tout est dans tout. Le grand temple, dédié à Shiva, où se dresse un des gopurams les plus élevés de l'Inde, est toujours actif, avec des singes, une éléphante sacrée, des brahmanes et des guides locaux qui se vantent de parler plusieurs langues. Dans la ville royale, un magnifique bassin avec des escaliers aux lignes élégantes et fortes. Une ville qui attire de nombreux touristes depuis qu'elle a été classée par l'Unesco au patrimoine de l'humanité.