dimanche 8 avril 2012

Le riz quotidien

Nature, à la menthe, à la vapeur, grillé, sauté, parfumé de curry, de cannelle, de gingembre, de coriandre, de curcuma ou de piment, accompagné de viande grillée ou de poisson, mélangé avec des oignons, des petits pois ou des carottes, qu'il soit brun ou blanc, qu'il soit rond ou long (basmati), le riz se décline au quotidien en Inde. Il constitue l'une des principales richesses de ce pays. Cultivé dans tous les Etats, la zone rizicole de l'Inde est la plus étendue du monde.


Mais avant d'arriver dans l'assiette, il aura fallu un long processus de croissance et de maturation selon des techniques qui varient selon les régions. Au Karnataka, les rizières offrent un paysage différent selon la période de l'année. Lors de notre dernier séjour à Pothnal en janvier dernier, nous avons assisté à la plantation de jeunes plants déterrés avec précaution dans les pépinières, regroupés en petites bottes pour faciliter leur transport et repiqués tous les 20 cm dans les champs inondés (paddy fields). Chaque plan de riz compte en moyenne une centaine de grains. L'eau de pluie est collectée dans les champs où elle retenue à l'aide de digues. D'où l'importance des moussons qui apportent de fortes pluies permettant deux à trois récoltes par an. Selon le niveau des pluies, la récolte sera bonne ou catastrophique. Il faudra attendre quatre à cinq mois pour récolter le riz qui sera ensuite séché, battu pour en conserver le grain qui sera vanné et débarrassé de la grume.


La culture du riz est un travail pénible, exigeant, le plus souvent réservé aux femmes. Le travail se fait à la main, les pieds dans l'eau et dans la boue, le dos courbé, sous un soleil accablant. La réflexion des rayons solaires sur l'eau éblouit et peut causer des dommages aux yeux. Mais la bonne humeur et la fierté des ces femmes qui s'encouragent les unes les autres en chantant illuminent le paysage.