jeudi 28 mai 2009

Ravi Shankar and friends


"Ce fut le challenge le plus difficile de ma vie, comme compositeur et arrangeur. Les chants sanskrit des Vedas, Upanishads et autres écritures ont été beaucoup repris en Inde et ailleurs, soit conservés dans leur forme originale par de vrais érudits pendant des siècles par leurs descendants et leurs disciples; soit chantés sous forme de raga par d'éminents musiciens. Certains ont même essayé de les rendre plus populaires en utilisant une forme semi-classique et une approche plus commerciale. Je désirais faire une version différente qui conserve l'immense force spirituelle et la pureté des Suktas, Shlokas et Mantras et qui soit en même temps plus universelle. Je voulais de plus composer la musique des mantras traditionnels les plus connus et des couplets qui étaient principalement des prières pour le bien-être universel, physique, mental et spirituel de chacun et pour la paix de tous. J'en ai aussi créé et adapté de nouveaux dans le même esprit. J'ai créé la plupart des chants avec les instruments à cordes, d'autres avec une simple flûte, une harpe et un carillon et j'ai aussi utilisé le solo et les groupes vocaux. La répétition des mantras constitue un rappel à soi-même et j'ai essayé de m'imprégner de cette sagesse dans cet enregistrement. Dans tous les mantras traditionnels, j'ai utilisé les trois notes magiques utilisées dans les chants védiques depuis les temps les plus anciens. La même combinaison est répétée même si le ton and la base du raga changent. Le son sacré primordial (Aum or Om) est le mantra le plus court et il est utilisé avant et après chaque prière.
Je serais très heureux si les auditeurs Occidentaux et Indiens, et spécialement les jeunes générations, ressentaient l'étincelle de spiritualité à l'écoute de ces chants dans lesquels j'ai mis tout mon coeur et mon âme". (Ravi Shankar)

Cette ode à Brahma le créateur, Vishnou le conservateur, Shankara le destructeur, Ganesh, Bhagavati, Saraswati, autres dieux de l'hindouisme, est magnifiée par la musique de Ravi shankar et des ses compagnons d'aventure artistique et spirituelle.

Vedic Chanting (part 1):

May there be peace on earth, peace in the ether,
peace in the heaven, peace in all directions,
peace in fire, peace in the air,
peace in the sun, peace in the moon,
peace in the constellations, peace in the waters,
peace in the plants and herbs, peace in trees,
peace towards cattle, peace towards goats,
peace towards horses, peace towards mankind,
peace in the absolute Brahman,
peace in those who have attained Brahman,
may there be peace in me, peace alone.
Through that peace may I confirm peace in myself,
and all bipeds ansd quadrupeds.
may the be peace in me, peace alone.

(CD produit par George Harrison en 1998)

mercredi 20 mai 2009

Derrière les clichés

Les nombreux articles parus ces derniers jours dans la presse internationale soulignent les atouts de ce grand pays émergent en pleine expansion. Le décollage indien, l'Inde high-tech, Bollywood, la présence des quelques privilégiés comme l'actionnaire Mittal parmi les grandes fortunes de ce monde ne doivent pas nous faire oublier que l'Inde reste un pays où vivent 600 millions de pauvres.

Comme le rappelle Aravind Adiga, l'auteur du "Tigre blanc" (Buchet-Castel 2008) dans un entretien accordé au Journal "Le Monde" (supplément du 16 mai):

"En fait les mariages sont arrangés et forcés, les dots âprement discutées, les enfants doivent la pleine obéissance à leurs parents, la famille reste le pilier du conservatisme, paralyse l'énergie des jeunes générations, écrase les femmes... La corruption détruit la démocratie...


La population indienne continue de croître de façon effrénée, les denrées alimentaires de base ne cessent de grimper, la pression sur les pauvres s'accroît chaque jour, des ressources fondamentales comme l'eau commence à manquer, la pollution devient grave.. Le citoyen de la classe moyenne que je suis est à la fois choqué par les conditions de vie faites aux pauvres et envieux de leur énergie..."

Les Indiens attendent qu'on leur parle d'éducation, construction d'écoles, aide aux petites entreprises, tracé de nouvelles routes, campagnes désenclavées, alphabétisation, mise en place d'un Etat efficace, tout cela le plus vite possible.

A l'heure où le pays aborde une période de grande mutation, il devient plus que nécessaire d'être présent auprès des plus déshérités d'entre eux, ceux qui, quels que soient les progrès espérés, resteront en marge d'une société qui les ignorent.

lundi 18 mai 2009

Le Parti du Congrès sort grand vainqueur


18 mai
Après plus d’un mois de vote, c’est le Parti du Congrès et Manmohan Singh qui sortent vainqueur des élections en Inde, la plus grande démocratie du monde. En obtenant 206 sièges sur 543 à l’Assemblée nationale (Lok Sabha), le parti qui a fondé l’Inde indépendante sous l’égide de Gandhi et Nehru réalise son meilleur score depuis 1991. Grâce à quelques alliances, le Parti du Congrès de Sonia Gandhi aura la majorité absolue, arborant désormais une posture de domination, en décalage par rapport à la situation de 2004, où il avait dû gouverner avec les membres du Parti communiste indien.

L’adversaire majeur de Madame Gandhi, le BJP ou Bharatiya Janata party, parti de la droite nationaliste hindoue, paie ainsi pour sa dangereuse politique qui avait consisté à attiser les tensions entre les membres de différentes confessions. Mais surtout, ces élections montrent un changement dans la façon de penser des électeurs : l’essor des formations locales exprimant une revendication régionale est aujourd’hui arrêté au profit des grandes formations nationales, comme le Parti du Congrès, jugées plus à même de résoudre les grandes crises (économique et interconfessionnelle entre autres...).

Un nom entre tous ne doit pas être oublié : Rahul Gandhi, le fils de Sonia Gandhi, qui a réussi l’exploit de doubler la représentation du Parti du Congrès en Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé de la fédération. On parle déjà de lui pour remplacer le premier ministre Singh, tant il incarne le rajeunissement et l’avenir de la politique indienne.

Sources : La Croix, Le Monde, Les Echos

vendredi 15 mai 2009

Le défi Indien

Le nouvel Observateur consacre cette semaine un dossier spécial "INDE". Politique, Economie, Culture, Tourisme sont passés au crible d'une actualité marquée par les tensions interreligieuses (82% hindouistes, 12% musulmans, 2% chrétiens, 2% sikhs) qui secouent la plus grande démocratie du monde au moment où son avenir se décide dans les urnes.

Le vrai défi de l'Inde, notent Sara Daniel et Ursula Gauthier, est culturel. "Pour tenir le rang qu'elle ambitionne dans le nouveau siècle,, il lui faudra d'abord vaincre ses propres démons. extirper l'esprit de caste, la mysoginie, un certain fatalisme inscrit dans la mentalité collective, qui confortent un des systèmes les plus inégalitaires au monde". Les 150 millions de riches ne peuvent faire oublier le demi-milliard d'indiens au bord de la survie.

Au pays de Nehru, on n'a pas fini d'écrire la saga des Gandhi (Indira, Sonia, Rahul et les autres). Qu'en sera-t-il après les élections? Mais pendant que les uns se disputent le leadership, des milliers d'indiennes exploitées et illettrées prennent leur existence en main pour retrouver leur dignité grâce notamment au microcrédit. En investissant chacune 10 roupies (0,80 euro), elles ont réussi à créé de petites entreprises pour garder la tête hors de l'eau et réaliser "la révolution des fourmis".


Au cours de l'assemblée constitutive de l'association "Ensemble, agissons" notre ami Alwyn nous a conté cette histoire:
l y a plusieurs années, quelque chose d'extraordinaire est arrivé dans la savane africaine. Une fourmi, pas plus grosse qu'une gouttelette d'eau, a trouvé l'énergie, la force et la détermination qui lui ont permis de manger un énorme éléphant. Impossible, dites-vous ? Il n'y a aucun moyen par lequel une fourmi puisse réussir à manger un éléphant.
Eh bien si! petit à petit.


Un peu partout, des initiatives ( émanant le plus souvent d'organisations boudhistes ou chrétiennes) viennent suppléer au mesures gouvernementales jugées trop indigentes ou négociées sur fond de corruption. "Le plus grand danger actuel, selon Vikram Chandra, l'auteur du "Seigneur de Bombay", réside dans l'énorme disparité entre ceux qui profitent de la croissance économique et ceux qui continuent d'être privés d'eau potable, de sanitaires, de soins médicaux, d'éducation, d'une alimentation correcte". Un défi colossal, à l'échelle d'un pays en pleine mutation.

PS. Un DVD comportant 3 documentaires de 52 minutes "L'INDE, Des jours et des hommes" vous est offert, en sus.

lundi 11 mai 2009

Le pari de l'éducation

L'association "Ensemble, agissons" (France) et Vimukti Pothnal (Inde) ont décidé de conjuguer leurs moyens pour mettre en oeuvre un projet de développement en faveur des populations les plus démunies.


Il s'agit, en premier lieu, d'assurer un meilleur avenir aux enfants pauvres et marginalisés appartenant à une communauté de 14 villages du secteur de Pothnal, District de Raichur, au Nord de l'Etat du Karnataka. En soutenant un programme d'éducation et de santé, le projet vise à donner aux enfants une éducation de qualité et l'opportunité d'exprimer leurs talents dans le cadre de loisirs éducatifs. Les jeunes peuvent se familiariser avec l'ordinateur ou développer une aptitude pour la couture.

Faire prendre conscience aux parents de l'importance de l'éducation des enfants entraîne une diminution du travail des enfants. La stratégie adoptée par les animateurs avec les familles repose sur la confiance, la conscientisation et la formation. Un travail de longue haleine. Le parrainage d'un enfant dure tout le temps de sa scolarité, soit de l'âge de 6 ans à l'âge de 14 ans. Il inclut scolarité, nourriture et pension (pour que l'enfant ne soit plus exposé au travail dans les champs) et coûte environ 200€ par an et par enfant. Une contribution locale est exigée en contrepartie car elle est le meilleur garant de l'engagement des familles et de la réussite du projet. Tout se fait dans la transparence avec des évaluations régulières qui portent sur la gestion et les résultats qualitatifs et quantitatifs.

Le Nord du Karnataka est un territoire où les disparités entre les riches et ceux qui n'ont rien sont très criantes. Les Dalits (Intouchables) gagnent moins de 50 Rupees par jour (moins de 1€). Les femmes et les enfants sont les premières victimes de cette pauvreté. Si le district de Raichur est le second plus grand producteur de coton en Asie, 30% de la force de travail dans les champs est fournie par les enfants qui travaillent jusqu'à 45 heures par semaine. Le taux d'analphabétisme dépasse les 35%. Il n'est pas rare que les petites filles doivent travailler aux champs à partir de 7 ans et soient mariées dès l'âge de 13 ans. Les équipements sont peu nombreux et les enseignants pas toujours compétents. Dans les campagnes, les barrières entre les castes sont encore très fortes. L'alcoolisme, la misère, le manque de soins, de nourriture, de communication font qu'un grand nombre d'enfants deviennent des vagabonds, des hors-la-loi ou des malades mentaux. Agir auprès des représentants légaux pour apporter les changements nécessaires exige une action sociale forte qui fasse valoir les droits des enfants.


Notre principal but dans cette région est de travailler avec la l'ensemble de la communauté pour que la population s'inscrive dans les plans gouvernementaux avec l'aide d'un Comité de village.

Le Plan de financement prévoit un budget global de 44.000€ pour les trois premières années (2.835.553 rupees)
1ère année: 14.000€
2ème année: 14.000€
3ème année: 16.000€

Le programme sera conduit par un Directeur/coordinateur de projet, titulaire d'un master en travail social, choisi par Vimukti Charitable Trust dans le secteur de Pothnal. Il sera assisté d'un coordinateur chargé de l'organisation et de la réalisation des programmes dans les 14 villages, de 4 animateurs responsables de trois ou quatre villages et d'un aide-comptable. La réussite du programme repose sur une équipe efficace.
Le porteur du projet est le Directeur de Vimukti Charitable Trust qui a une très grande connaissance du travail social qu'il conduit depuis plus de 8 ans dans les zones rurales de l'Etat du Karnataka. Il a un rôle de surveillance, de contrôle et d'évaluation au travers des comptes-rendus mensuels et des bilan annuels.

Nous partageons avec Vimukti des valeurs basées sur l'amour universel, indépendamment des castes, des croyances, de la couleur de la peau, de la culture, de la race, du sexe, de l'âge et et des aptitudes de chacun. Nous respectons le droit à la différence. Nous oeuvrons pour un peu plus de justice, d'équité dans un monde où les disparités les plus grandes résultent de la pauvreté.

Nous faisons le pari de l'éducation et nous savons que nous pourrons compter sur votre générosité et votre engagement à nos cotés. Les fonds recueillis par l'association "Ensemble, agissons" seront remis directement à Vimukti Charitable Trust (créée en 1999) à Bengalore et versés directement sur un compte bancaire prévu à cet effet.

Si vous prévoyez un an à l’avance, plantez une graine,
Si c’est dix ans à l’avance, plantez un arbre.
Si vous prévoyez cent ans à l’avance, éduquez le peuple.
Kuan Tzu, poète chinois, v. ~ 500

vendredi 8 mai 2009

Avançons au large



Fr Alwyn Dias est un homme étonnant... Il parle six ou sept langues (télougou, kannada, hindi, anglais, français, allemand..). Il fait partie de l'ordre des Capucins. Il est actuellement inscrit en doctorat de théologie à Paris. Dans deux ans, ses études terminées, il rejoindra ses frères Indiens de Vimukti au Karnataka pour répondre à une autre mission.

En choisissant d'être prêtre en 1976, Il a décidé de consacrer sa vie à Dieu et de se mettre au service de ses semblables. Après avoir efectué un premier apostolat auprès des plus pauvres, il a dirigé le Dayalbagh Ashram qui accueille des jeunes préparant le noviciat. C'est lui aussi qui a créé le Centre social d'Ugire qu'il a dirigé pendant 5 ans avant de venir en France.

Il me rappelle une autre figure bien connue, celle du Père Henri Le Saux. D'origine Bretonne (il est né à St Briac, petit village d'Ille-et -Vilaine)), il fut un pionnier en matière de rapprochement des communautés, favorisant la rencontre entre l'Occident et l'Extrême-Orient, étudiant la Bible et les Upanishads dans une perspective d'unité.

Au cours de ces deux journées que nous avons passé en sa compagnie, Fr Alwyn a manifesté un grand enthousiasme pour le projet "Ensemble agissons". Il a salué la création de l'association comme une nouvelle naissance au sein d'une famille. Son credo: la simplicité, l'accueil, l'ouverture aux autres. Il a rappelé cette parole de Mère Teresa: "La grandeur, la profondeur ou la hauteur de vie, ce n'est pas le nombre de jours que nous vivons, mais comment nous vivons". Plus largement Il a partagé avec tous nos hôtes ses connaissances et son expérience de l'Inde dans un langage où se mêlaient harmonieusement humour et érudition.

Lorsque, en réponse au questionnement d'un membre présent, je prends le soin de préciser que l'association "Ensemble agissons" est une association française laïque ouverte à tous sans considération de croyance ou de religion, il n'hésite pas à déclarer: "Nous devons travailler avec tous ceux qui ont besoin de nous, qu'ils soient hindous, bouddhistes, jaïns, musulmans, chrétiens ou athés car la pauvreté n'a pas de frontière. Vous avez vu, vous pouvez témoigner que cela est possible".

Avec nos amis de Vimukti, mettons -nous en route et avançons au large. Ensemble, agissons.

jeudi 7 mai 2009

Assemblée constitutive du 2 mai 2009

C'est sous un soleil radieux, au coeur du vignoble Beaujolais, que s'est déroulée cette première assemblée.
Daniel Helbert, Bernadette Le Guil, Alwyn Dias, Santa Lopez, Isabelle Valdenaire, Guy Valdenaire, Marcel Helbert, Lucie Helbert, Bruno Altmayer, Nathalie Marquis, Maryann Perrone, Diana Burnet-Smith, s'étaient donnés rendez-vous à la Grosse Pierre, dans le petit village de Chiroubles, le 1er mai 2009.
Promenades sur coteaux, dégustation au caveau, repas en commun, présentation de diaporamas, les membres présents ont fait connaissance dans une ambiance chaleureuse et conviviale.
L'Assemblée constitutive a débuté le Samedi 2 mai 2009 à 9h30.
Daniel Helbert, initiateur de la rencontre, a remercié les membres présents. Il a ensuite exposé les différentes étapes qui ont conduit au projet de création de l'association.
Alwyn Dias, le représentant Indien du Karnataka, a fait part de son enthousiasme pour cette belle aventure placée sous le signe de l'amitié et du partage. Il a présenté les grandes lignes du projet proposé par l’association Vimukti Charitable Trust.
Les membres présents ont témoigné de leur engagement dans ce projet en faisant part de leur propre cheminement.
Au terme de ces premiers échanges portant sur le sens et les fondements de l’association, Bernadette Le Guil a procédé à la lecture des statuts de l'association "Ensemble, agissons". Chacun des articles a été commenté, discuté, avant d'être adopté à l'unanimité.
« L’association a pour but de participer au projet de développement dans l’Etat du Karnataka en Inde.
L’association apportera sa contribution financière, matérielle et humaine à la réalisation de programmes d’éducation, de santé, de développement rural, de protection de l’environnement etc., initiés par des partenaires associatifs locaux de l’Etat du Karnataka et notamment par l’Association Vimukti Charitable Trust qui réalise déjà sur place un travail remarquable en faveur des populations les plus démunies. » (article 2)
Le siège social de l'association est fixé à la Mairie du 4ème arrondissement de Lyon. L’association y disposera également d’une boîte postale. Cette décision a fait l'objet d'un accord préalable auprès de l'adjointe au maire, chargée de la Solidarité Internationale.
Les membres présents ont ensuite procédé à l'élection du conseil d'administration.
9 personnes se sont portées candidates. Ont été élus, à l'unanimité des présents: Daniel Helbert, Maryann Perronne, Guy Valdenaire, Diana Burnet-Smith, Marcel Helbert, Bruno Almayer, Nathalie Marquis, Isabelle Valdenaire, Bernadette Le Guil.
Le conseil d'administration a procédé ensuite à l'élection de son Comité directeur. Ont été élus à l'unanimité des présents:
- Daniel Helbert, en qualité de président
- Maryann Perrone, en qualité de secrétaire,
- Guy Valdenaire, en qualité de trésorier.
Le montant de l'adhésion annuelle a été fixé, à l'unanimité des présents, à 50 €. Les personnes qui souhaiteraient apporter leur contribution sous la forme de dons pourront le faire selon leur moyens, sans limitation de montant. Cependant seules les personnes à jour de leur cotisation pourront être invitées à l'assemblée générale annuelle. Un compte bancaire sera ouvert dès que l'association aura un existence légale, c'est-à-dire à partir de la parution au Journal Officiel de la République.
Le président a souligné la nécessité de disposer rapidement d’outils de communication. Création d'un logo, réalisation d'un roll'up, présentation 4 pages, présence dans la presse locale, participation aux forums associatifs…etc. ; toutes les suggestions permettant à l'association d'être présente sur le terrain de la vie sociale seront étudiées par le conseil d'administration. La présence au Forum des associations organisé chaque année au mois de Septembre par le Comité des Fêtes de La Croix-Rousse constituera une première étape. L'association s’inscrira dans une dynamique locale et pourra élargir ensuite ses contacts au niveau national, voire international par l'intermédiaire des membres présents dans les différentes régions (Bretagne, Vosges, Alsace, Rhône-Alpes, Karnataka,...). Il conviendra également, à plus long terme, d'envisager des partenariats avec des entreprises, des associations à caractère culturel ou sportif dans le but de mutualiser les moyens et les compétences.
Alwyn Dias, est revenu longuement sur les particularités du projet de développement dans la région de Pothnal, dans le nord du Karnataka. Il a rappelé que cette population était l'une des plus pauvres de l'Inde. Le manque d'eau, le travail des enfants, la scolarisation extrêmement faible, l’absence d’information, les problèmes de santé et le Sida sont à l’origine de cette extrême pauvreté et de la violence dont sont victimes en particulier les femmes et les enfants.
Pour venir en aide à ces populations, il convient de rompre avec l'isolement géographique, de créer un comité de village, de donner la priorité à l'éducation des jeunes enfants et de reconnaître leurs droits dans le respect des cultures, des religions et de la législation du pays.
Pour réaliser ce programme, des moyens humains et financiers sont nécessaires. L'assocation "Ensemble, agissons" et "Vimukti Charitable Trust" conjugueront leurs efforts pour mettre en œuvre un plan de développement réparti sur 6 années (2009/2015). Un plan très détaillé présentant les différentes actions et activités envisagées sur le secteur de Pothnal et la répartition des coûts afférents a été présenté et commenté par Alwyn Dias qui a répondu aux questions des membres présents.
Daniel et Bernadette ont fait part de leur intention de se rendre à Pothnal au début de l’année 2010 et à l’automne 2011. D’autres personnes pourraient se joindre à eux le moment venu.
La réunion du prochain conseil d’administration est envisagée au cours du dernier week-end du mois de Juillet, en Alsace. La date définitive sera confirmée très prochainement.
Le président clôt l’assemblée constitutive de l’association à 13h15.
Les échanges se sont poursuivis autour d'un repas frugal.

lundi 4 mai 2009

Etre des passeurs


(Message d'introduction de Daniel Helbert lors de l’assemblée constitutive du 2 mai 2009)

Chers amis,

Je suis à la fois très ému et profondément heureux de vous voir réunis pour cette première assemblée et je vous remercie du fond du coeur d’avoir répondu à notre invitation.

Nous sommes douze réunis autour de cette table… Le chiffre 12 est connu pour symboliser la perfection, la plénitude et l’unité. Restons modestes mais votre présence ici aujourd’hui est un encouragement et laisse présager de belles choses.

Nous avons également reçu, à cette occasion, de nombreux témoignages d’amitié. Lily Jattiot, psychanalyste et écrivain, a accepté d’être la marraine de l’association. Des personnes appartenant à notre réseau familial, amical et professionnel ainsi que des personnes avec lesquelles j’ai entretenu des liens amicaux par l’intermédiaire du blog ont exprimé un grand intérêt pour ce projet. Il appartiendra à chacun, là où il se trouve et quand ce sera le bon moment, d’apporter sa petite contribution à un ensemble plus vaste dont nous dessinons aujourd’hui les contours.

Lorsque, en Juin 2004, je suis entré dans l’enceinte du Forum des associations place Bellecour à Lyon, j’étais loin d’imaginer que je me retrouverais cinq ans plus tard ici à La Grosse Pierre avec vous pour nous lancer dans cette nouvelle aventure….

Permettez-moi de rappeler brièvement quelques étapes qui ont jalonné ce parcours.

Il y a eu d’abord le parrainage de Vishalakshi, cette fillette de 8 ans (elle a aujourd’hui 13 ans) qui vit dans le petit village d’Ugire, à une trentaine de Kilomètres de Mangalore, petite vile portuaire de l’Ouest du Karnataka. Pendant près de 3 ans, nous avons entretenu des échanges par courrier dans un anglais souvent approximatif mais indispensable pour communiquer avec les coordinateurs du projet de développement dans ce secteur géographique rassemblant une vingtaine de villages.

Puis un jour, nous avons décidé de franchir le pas, de lui rendre visite dans son lointain village. Malgré tout le soin apporté à la préparation de ce voyage (cours d’anglais intensifs, discussions avec des personnes ayant longuement voyagé dans cette partie du monde) j’appréhendais quelque peu cette rencontre avec un peuple, une culture, tellement aux antipodes de notre monde occidental.

Avril 2007, Pendant une semaine, nous avons découvert les paysages, l’architecture, la nourriture, les religions et tout un mode de vie auquel nous étions étrangers. Les mille cinq cent kilomètres que nous avons parcouru à travers le Karnataka, le Tamil Nadu et le Nord du Kerala ont constitué une bonne mise en pratique de ce que nous avions appris dans les livres. Curieusement tout paraissait facile, évident. Nous nous sentions vraiment bien au milieu de ce peuple si accueillant.

A notre arrivée à Mangalore, nous avons été pris en charge par Fr. Arun, le responsable du projet local. Pendant 3 jours consécutifs, nous avons partagé la vie de l'équipe du Capucin Krishik Seva Kendra. Nous avons pris la mesure du travail réalisé par ces animateurs, éducateurs secondés dans leur tâche par un noyau de bénévoles (hindous, musulmans, chrétiens) qui nous ont accueilli comme faisant partie de la famille. C’est d’ailleurs là-bas, à Ugire, que j’ai eu l’occasion de m’entretenir pour la première fois avec Fr. Alwyn, au téléphone. C’était incroyable. Moi j’étais au fin fond de ce petit village et lui était à Paris.

A notre retour, je me suis lancé dans l’aventure du blog "Listen to your heart". Ce blog, dont les premiers articles furent consacrés au récit de notre séjour en Inde, a représenté la continuité d’un voyage intérieur et une étape indispensable pour moi avant de me lancer dans l’action.
Quelques mois plus tard nous avons repris contact avec Fr. Alwyn. Nous l'avons d’abord rencontré à Paris en février 2008. C’est à l’issue de cette première rencontre qu’il nous a dit d’un ton bienveillant :
- Et pourquoi ne pas créer vous-mêmes une association ? Vous savez, c’est en commençant par des petites choses que l’on parvient à réaliser de grandes choses.

Sur le moment nous avons été interloqués et nous nous sommes quittés sans savoir ce qu’il adviendrait de cette suggestion. Et puis l’idée a germé. Nous nous sommes dits : Pourquoi pas ? Voilà un vrai défi que la vie nous propose. Nous avons revu Fr. Alwyn quelque temps plus tard à Lyon, avec Fr. Santa (c’était à l’occasion de la Fête des Lumières), et nous avons commencé à imaginer ce qui pourrait naître de cette association.

Entre temps Fr. Arun, qui dirigeait le Projet à Ugire lors de notre séjour en 2005, a été promu responsable de l'ensemble des projets de développement de la Province du Karnataka. Dès que nous l’avons contacté, il a manifesté un grand enthousiasme et il a mis tout mis en oeuvre pour nous faciliter la tâche.

ENSEMBLE ! C’est l'idée forte que nous voulons mettre en avant en lançant cette initiative. « Can do !» (Allons-y !)

L’association va prendre aujourd’hui son envol aujourd’hui: statuts, vie de l'association, constitution du comité directeur, objectifs, projets à court et moyen terme, c’est l’objet de cette rencontre et la première étape.

Dans un deuxième temps, il nous faudra communiquer autour de ce projet, rassembler le plus grand nombre de soutiens possibles et réunir les moyens financiers pour lancer les premières opérations sur le terrain. Programmes d’éducation pour les enfants et les adolescents, bibliothèque de village, orientation et formation professionnelle, défense des plus démunis, notre ambition est de contribuer, dans la mesure de nos moyens et de nos compétences, à la mise en oeuvre d’un projet global de développement initié par les partenaires locaux: Vimukti Charitable Trust. Pour cela il nous faudra faire preuve d’imagination et d’audace.

Troisième étape: nous rendre sur place (pour celles et ceux qui le souhaiteraient et qui en ont les moyens) pour rencontrer l'équipe locale. L'apport financier sera indispensable mais on peut imaginer que certains d'entre nous puissent apporter leur compétences diverses sur le terrain, pendant un temps plus ou moins long. Pour notre part, nous envisageons d'y retourner au printemps 2010 pour suivre l'opération avec Fr. Arun.

Tout cela doit s'inscrire dans la durée (de 5 à 10 ans). Ainsi que le disait Romain Rolland, écrivain français qui a beaucoup fait pour le rapprochement entre l’Inde et l’Occident, nous devons devenir des « passeurs » entre deux mondes qui ont encore beaucoup à s’enrichir mutuellement.
"La voie ne consiste pas à accomplir des actions extraordinaires, mais à accomplir parfaitement des actions ordinaires."
(Swâmiji Prajnânpad)

Encore une fois, merci d’être là.